Pas de panique ! Tel est le message du consortium bancaire réunissant Fortis, Royal Bank of Scotland (RBS) et Santander à l'attention des syndicats d'ABN Amro d'une part, et des autorités néerlandaises d'autre part.

Aux Pays-Bas, l'offre du consortium sur le groupe ABN Amro, lancée officiellement le 29 mai, engendre des craintes qui se sont manifestées récemment à la fois dans les rangs syndicaux et dans les travées du Parlement. Lundi, les syndicats d'ABN Amro se sont émus du sort des travailleurs en cas de succès de l'offre du consortium, ce qui aboutirait à des pertes d'emplois allant de 17 000 à 19 000 unités, selon leurs calculs.

Mais les représentants syndicaux ne sont pas les seuls à s'inquiéter. Les pouvoirs publics néerlandais manifestent eux aussi leur préoccupation quant aux conséquences d'un passage d'ABN Amro entre des mains étrangères.

Quelle sera encore la position concurrentielle de la place financière amstellodamoise à l'issue de la bataille financière opposant le consortium à Barclays pour l'acquisition d'ABN Amro ? Quid de la perte de revenus pour l'Etat néerlandais en cas de taxation globale à l'étranger ? Et quel sera le sort des milliers d'employés de la banque aux Pays-Bas ? Telles sont les questions qui agitent les députés néerlandais.

De leur côté, Fortis, RBS et Santander veulent manifestement calmer le jeu. Selon les quotidiens "De Tijd" et "De Morgen" d'hier, Fortis vient d'envoyer une lettre aux autorités néerlandaises. Dans ce courrier, le groupe financier belge, intéressé par l'acquisition des activités d'ABN Amro aux Pays-Bas, promet qu'en cas de succès de l'offre du consortium, les sièges de direction du nouvel ensemble seront partagés entre Bruxelles et Amsterdam. Il ajoute que la branche néerlandaise d'ABN Amro continuera à être taxée aux Pays-Bas.

Le problème LaSalle subsiste

Le consortium tente aussi de rassurer les travailleurs d'ABN Amro. Dans un communiqué publié hier, Neil Roden, le directeur des ressources humaines de RBS, a annoncé qu'il contacterait les syndicats néerlandais, au nom du consortium, afin de leur proposer une réunion. "Nous comprenons leurs revendications et nous travaillerons le plus étroitement possible avec eux pour nous assurer que nos propositions sont bien comprises", a-t-il indiqué.

Reste à voir si le consortium parviendra bien à s'emparer d'ABN Amro. Le noeud du problème reste la banque LaSalle, filiale du groupe néerlandais convoitée par RBS. ABN Amro avait tenté de la vendre à Bank of America mais cette cession avait été suspendue par un tribunal néerlandais. Or, après avoir discuté avec Bank of America en vue d'un accord à l'amiable, RBS a dit mercredi ne plus parler avec la banque américaine.