Alors qu'en tant que CEO de Fortis holding, Karel De Boeck est à la recherche d'un nouvel accord permettant d'obtenir un triple "oui" lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires de Fortis holding, celui-ci ne se montre pas spécialement pessimiste à l'égard d'un éventuel retrait de BNP Paribas du dossier. Négocier à deux plutôt qu'à trois semble plus aisé, indique-t-il dans une interview accordée au magazine Trends.

Si BNP Paribas tire sa révérence, "peut-être notre liberté serait-elle plus grande: en travaillant avec deux parties, Fortis holding et l'Etat belge, il serait à vrai dire plus facile d'arriver à un bon compromis", déclare-t-il, suggérant par exemple de vendre à Fortis Banque 25% des activités d'assurances (actuellement détenues par le holding).

S'agissant des crédits structurés, Karel De Boeck estime qu'il serait possible d'être "plus créatifs". "Nous observons pour cela la manière dont le gouvernement néerlandais a repris les crédits 'toxiques' d'ING. Les Pays-Bas offrent une garantie grâce à laquelle la dette publique n'augmente pas. Ces solutions sont arrivées plus tardivement sur la table, dans un moment d'inspiration accrue. Pourquoi ne pourrions-nous, en Belgique, agir de même? ", se demande encore le CEO.

A la question de savoir s'il y a un vrai risque que l'Etat laisse tomber un jour Fortis holding, Karel De Boeck répond que ce serait "politiquement difficile". "Mais je peux comprendre que le gouvernement, après la décision de la semaine passée, ait eu le sentiment que les actionnaires de Fortis ont mordu la main tendue par l'Etat", poursuit-il, ajoutant, en référence au deal renégocié avec le groupe bancaire français, que "ce n'est pas BNP Paribas mais le gouvernement qui a permis l'émergence de la solution améliorée". Enfin, concernant d'éventuelles nouvelles négociations avec les Pays-Bas, Karel De Boeck juge qu'"impliquer les Pays-Bas dans les négociations est peut-être, aujourd'hui, la chose la plus aisée".

Karel De Boeck estime par exemple qu'il faut sécuriser le rendement du "MCS" -pour "Mandatory Convertible Securities", un produit financier complexe via lequel Fortis holding, en vertu d'un accord avec Fortis Banque Pays-Bas, dispose d'une créance possible fin 2010 avec une valeur maximale de 2 milliards d'euros-. "Régler tout en une fois avec les Pays-Bas me semble la meilleure option", ajoute le patron de Fortis holding. Karel De Boeck n'exclut d'ailleurs pas un rachat par le holding des activités néerlandaises d'assurances, dans le cadre d'un accord sur toutes les composantes.