L'accord conclu entre le gouvernement, Fortis holding et BNP Paribas "est un pas supplémentaire dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant", a déclaré samedi à l'agence Belga Me Bonhivers, du cabinet Modrikamen. "Il faut absolument que les actionnaires soient invités autour de la table pour obtenir quelque chose d'équilibré", ajoute-t-il, au lendemain d'une "conference call" qui s'est tenue entre Deminor, Modrikamen, l'association néerlandaise VEB et une poignée d'autres actionnaires. Ensemble, ce trio pèserait environ 10% du capital de Fortis. "Si on ne voit pas le gouvernement, nous appellerons à voter non" lors de l'assemblée générale du 11 février, indique pour sa part Pierre Nothomb, de Deminor, samedi dans l'Echo.

Parmi les points que les actionnaires veulent négocier, figure la question du véhicule spécial (SPV) censé abriter le portefeuille de crédits structurés de Fortis. "Qui va le gérer? Quels produits vont se retrouver dans ce véhicule? On doit pouvoir en discuter", estime-t-on au cabinet Modrikamen.

Autre chapitre à évoquer: le sort de Fortis Banque. Si les termes du rachat de Fortis Banque Belgique par BNP Paribas n'ont pas été modifiés par le nouvel accord conclu dans la nuit de jeudi à vendredi, les actionnaires entendent pouvoir également négocier sur ce volet. Dans leur rapport, les experts désignés par la cour d'appel de Bruxelles avaient notamment suggéré la piste du rapatriement des 25% de Fortis Banque détenus par l'Etat belge (via la SFPI) au sein du holding Fortis afin lui rendre de la valeur.

Enfin, les actionnaires n'abandonnent pas l'idée de rediscuter les termes des cessions des actifs néerlandais de Fortis aux autorités néerlandaises. "Le CEO de Fortis holding, Karel De Boeck, a lui même indiqué récemment qu'il fallait renégocier le deal car le prix payé n'est pas suffisant", constate encore Me Bonhivers. Les pistes évoquées? Une révision à la hausse du prix payé (16,8 milliards d'euros) par les autorités néerlandaises ou la reprise par Fortis holding des activités néerlandaises d'assurances de Fortis.

"On veut que les personnes censées se prononcer le 11 février soient invitées autour de la table. Il est anormal que les actionnaires ne soient pas invités à négocier", conclut Me Bonhivers, tout en rappelant qu'une équipe de négociateurs mandatés par le cabinet Modrikamen, Deminor et la VEB a été mise sur pied et est "toujours disponible" pour d'éventuelles négociations.