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Une amende record d'1,8 million d'euros a été infligée au groupe EDF pour des retards de paiement vis-à-vis de ses fournisseurs, a annoncé jeudi le ministère français de l'Économie, disant vouloir adresser "un signal fort" aux "mauvais payeurs". Cette sanction, décidée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), porte sur une période allant de mars 2017 à août 2017. Elle est la plus élevée décidée à ce jour en France pour non respect des délais de paiement.

Le chiffre d'1,8 million d'euros est "proportionné au montant de trésorerie immobilisé" par l'entreprise, a justifié auprès de l'AFP la secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher.

L'objectif, au-delà de la question "réputationnelle", c'est de "toucher au portefeuille des entreprises pour que le sujet ne soit pas considéré comme un sujet administratif de second rang", a-t-elle ajouté.

Depuis 2016, les amendes encourues par les entreprises pour retard de paiement sont passées de 375.000 à deux millions d'euros.

Dans le cas d'EDF, dont l'État français est actionnaire à hauteur de 83,7%, 131.965 factures ont été passées au crible. Parmi elles, 13.416 (soit 10%) n'ont pas été réglées dans les délais impartis.

Au total, "3.452 fournisseurs ont été payés en retard", indique le ministère. Le montant global des factures concernées s'élève quant à lui à 38,4 millions d'euros.

Les délais de paiement ne peuvent théoriquement pas dépasser 60 jours à compter de la date de facture, ou 45 jours après la fin du mois de livraison. Dans le secteur public, ils sont de 30 jours.