François Cornelis “a décidé de démissionner de son rôle d’administrateur indépendant de bpost, avec effet au 31 mars 2021”, annonce un communiqué de l’entreprise publique diffusé mardi après la clôture de la Bourse. Il est remplacé par Ray Stewart (également administrateur indépendant) “jusqu’à la nomination d’un nouveau président par le conseil d’administration suite à l’Assemblée générale ordinaire des actionnaires le 12 mai 2021”, poursuit le communiqué.

Le départ anticipé de François Cornelis, dont le mandat courait jusqu’en 2023, est tout sauf une surprise. Ses jours à la présidence de bpost étaient comptés depuis l’“affaire” de l’ex-CEO Jean-Paul Van Avermaet.

Affaire Van Avermaet

Pour rappel, ce dernier a démissionné avec effet immédiat mi-mars, sur injonction du gouvernement belge. Cette décision de l’actionnaire majoritaire avait été prise en raison d’une “conjonction d’éléments”, à commencer par l’enquête sur des soupçons d’ententes sur les prix de plusieurs entreprises de gardiennage du temps où M. Van Avermaet était patron de G4S.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la chute de 20 % du cours de l’action le 12 mars, après la publication des résultats annuels largement en-dessous des attentes du marché. En une seule séance, la capitalisation de l’entreprise publique avait fondu de près de 400 millions d’euros.

Il fut reproché à François Cornelis de défendre jusqu’au bout la cause de Jean-Paul Van Avermaet dont la crédibilité au sein de l’entreprise s’était pourtant réduite quasi à néant et malgré les demandes de démission de certains administrateurs.

Né en 1949, François Cornelis a dirigé PetroFina jusqu’en 1999 avant d’entrer au comité de direction du groupe français Total qui avait racheté la compagnie pétrolière belge. “Jeune retraité”, cet ingénieur civil de formation fut aussi, pendant quelques mois, le patron d’Elia.

Poste clé

C’est le parti socialiste qui a la main pour lui trouver un remplaçant pour un mandat définitif. Un poste clé pour ce qui est le plus grand employeur de Belgique (environ 25 000 personnes). La présidence étant francophone, le poste de CEO revient à un néerlandophone.

Une procédure de sélection a été lancée avec la collaboration de Korn Ferry. À l’heure actuelle, c’est Dirk Tirez, responsable du département juridique, qui assure l’intérim. Un intérim qui pourrait devenir définitif ? Pas exclu.