Une semaine avant le Grand Prix de F1 à Spa-Francorchamps, c'est pratiquement la panique dans les rangs des organisateurs de l'événement qui opère son retour cette année après l'interruption de 2006. Et ce malgré l'apparente assurance donnée par certains et autres cris de victoire que d'autres semblent pousser. La colère se mêle à la tension. Les entrepreneurs n'auraient pas rempli leur part d'obligations. "Le chantier accuse un retard incommensurable et plusieurs malfaçons sont à déplorer. Un constat d'huissier a même été dressé et les autorités sont prévenues. On a fait sonner l'artillerie pour qu'ils finissent bien les travaux, même s'ils doivent travailler de nuit", nous a confié une source proche du dossier. S'il n'y avait pas eu le Grand Prix de Monza, les bolides et les écuries auraient débarqué ce week-end des 8-9 septembre à Francorchamps, toujours en travaux. Le constat d'huissier préfigure des pénalités à charge des entrepreneurs.

Le ministre wallon du Budget, Michel Daerden (PS), grand défenseur de l'ouvrage et des investissements consentis par les autorités régionales, serait mis au courant de la situation. D'après sa porte-parole, citant le chef de cabinet du ministre Daerden, "à part quelques travaux de parachèvement, il n'y a rien qui peut empêcher l'organisation du GP". "On se demande ce que fait l'ISF, l'intercommunale patrimoniale du circuit présidée par Jean-Marie Happart", fustige pourtant un observateur.

Vingt étudiants engagés

En ce qui concerne les malfaçons, on déplore des infiltrations et les cuisines sont dépourvues notamment de hottes et de conduits d'aération (lire notre dossier dans "La Libre Entreprise").

Sur le chantier, se côtoient diverses nationalités (Allemands, Suisses, ouvriers slovaques ou lituaniens). Dans les bureaux de la société Spa Grand Prix, organisatrice de l'édition 2007, la tension règne. Depuis juillet, elle a engagé une vingtaine d'étudiants pour s'occuper de diverses tâches (vente de tickets, accueil téléphonique, etc.). D'après André Maes, le directeur général de Spa Grand Prix, entre 55 000 et 58 000 tickets sont déjà vendus à ce jour. Mais "il me manque entre 5 000 et 8 000 places pour atteindre l'équilibre. A une semaine de l'événement, nous ne pouvons plus vendre les billets sur Internet, mais un guichet est installé sur le site pour ceux qui désirent encore acheter le précieux sésame", précise-t-il.

Ecclestone n'est pas preneur

Mais il se veut confiant, car des contrats de promotion sont signés tous azimuts et des concours sont organisés pour écouler le maximum de tickets. "Le fait que le championnat ne soit pas définitivement joué plaide en notre faveur", dit Etienne Davignon, le président de Spa Grand Prix. Tous les hôtels de la région sont pleins et les réservations débordent sur Liège et Hasselt.

Après l'édition 2007, la Région wallonne devrait statuer sur la poursuite de l'aventure : soit elle reprend l'organisation à son compte, soit elle laisse Spa Grand Prix poursuivre ou Bernie Ecclestone pourrait s'installer au volant. "M. Ecclestone ne souhaite pas reprendre l'organisation, il préfère se consacrer à la promotion de la F1 au niveau mondial. Il ne dispose plus des moyens comme avant pour ce métier", nous dit un de ses proches collaborateurs en Belgique.

© La Libre Belgique 2007