Frère dit préférer l'option Suez-GDF

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(avec AFP )

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L'affaire Suez est en train de prendre une tournure complètement folle avec des rumeurs qui se succèdent à un rythme infernal. La dernière en date rapporte qu'Albert Frère et son ami Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennessy, etc) s'apprêteraient à faire une offre sur Suez. C'est l'hebdomadaire français "Marianne" qui l'annonce dans son édition à paraître samedi, affirmant même que les deux hommes auraient l'appui du ministre de l'Economie Thierry Breton.

Bercy a démenti très rapidement le soutien de Breton, qualifiant l'information de "purement fantaisiste".

Quelques heures plutôt, le président Chirac avait fait une ferme mise au point lors d'une réception à l'Elysée rassemblant notamment le patronat et les syndicats français où assistait Albert Frère. Le projet de fusion entre Gaz de France et Suez est "stratégique pour la France et l'Europe", a-t-il réaffirmé, fustigeant les "calculs à courte vue", alors que l'homme d'affaires François Pinault n'a pas exclu une OPA sur Suez.

Le chef de l'Etat français a affirmé qu'"il nous faut un acteur majeur dans le gaz. C'est en cela que le projet de fusion entre Gaz de France et Suez est stratégique pour la France et l'Europe".

Albert Frère à l'Elysée

A l'issue de cette réception à l'Elysée, Albert Frère a répété que pour lui la "meilleure option" restait la fusion entre Suez et GDF. "C'est clair", a-t-il dit.

Il était assis à la table de Bernard Arnault et de Gérard Mestrallet, le patron de Suez. Lequel a refusé de faire le moindre commentaire. Mais on l'a vu en grande conversation avec le président de l'AMF (Autorités des marchés).

Dans un avis publié mercredi soir, l'AMF a indiqué que la holding de la famille Pinault, Artémis, avait confirmé "l'existence, fut-elle très préliminaire, d'un projet relatif au groupe Suez". L'AMF a considéré qu'Artémis s'était placée dans le cadre d'une déclaration d'intention de déposer un projet d'offre, et lui fixera mardi 9 janvier la date à laquelle elle devra préciser ses intentions. Le holding devra, dans ce délai, soit déposer un projet d'offre sur Suez, soit publier un communiqué détaillant les caractéristiques du projet. Artémis pourra aussi "déclarer qu'elle n'a pas l'intention de déposer un projet d'offre", ce qui lui interdirait de lancer une OPA sur Suez pendant six mois, sauf si la situation de Suez change, selon la nouvelle réglementation sur les OPA.

Colette Neuville, la présidente d'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), a elle demandé à l'AMF l'ouverture d'une enquête pour manipulation de cours concernant les rumeurs d'OPA de François Pinault sur Suez. L'information donnée la semaine dernière par le site internet du mensuel économique Capital selon laquelle François Pinault serait sur le point de lancer une OPA hostile de 70 milliards d'euros sur Suez, avec le feu vert de l'Elysée, avait fait flamber le titre Suez vendredi et mardi. Mme Neuville souligne que "les obligations d'information contenues dans la nouvelle réglementation sur les OPA peuvent donner lieu à des effets pervers dans la mesure où elles peuvent être utilisées afin de faire obstacle à une telle offre. En faisant état d'un prix (70 milliards d'euros) aussi éloigné du cours, une telle "information" ne pouvait que pousser le titre à la hausse".

Selon Mme Neuville, "il faut éclaircir la provenance du montant évoqué. Est-ce que Suez n'a rien à dire sur ces 70 milliards ?", a-t-elle déclaré.

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