On savait qu'Albert Frère et le Français Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH (Louis Vuitton...), étaient proches et étaient même enclins à faire des affaires ensemble. Ils l'avaient montré en achetant conjointement en 1998 le premier grand cru Château Cheval Blanc pour 155 millions d'euros.

Visiblement, ils veulent aller plus loin dans leur collaboration. En témoigne l'annonce hier de la création d'une société d'investissement commune (dont le nom doit encore être précisé) dotée d'une capacité financière en fonds propres d'un milliard d'euros. L'argent proviendra du Groupe Arnault (société non cotée en amont de l'empire Arnault) et de la CNP (société cotée contrôlée par la famille Frère) et sera investi autant dans des sociétés cotées que non cotées. "Groupe Arnault et CNP entendent ainsi apporter des capitaux principalement à des sociétés européennes pour les accompagner dans leur développement", ajoute le communiqué.

Certains projets font déjà l'objet d'une étude approfondie, faisait-on valoir hier.

Dans le communiqué, Bernard Arnault dit se "réjouir de s'associer avec son ami Albert Frère". Ce dernier parle, lui, de "réunir les compétences et l'énergie des deux groupes".

Le président de GBL a déjà maintes fois fait comprendre qu'il appréciait les partenariats avec les groupes familiaux. C'est avec la famille canadienne Desmarais qu'il contrôle GBL. Il a aussi investi à plusieurs reprises, via la CNP, avec le holding anversois AvH dirigé par Luc Bertrand.

L'annonce de cette collaboration n'a pas eu d'impact sur le marché. Cela devrait, note l'analyste de la Banque Degroof, réduire à terme d'environ 500 millions d'euros le cash net de la CNP qui s'élevait à 407 millions au 30 juin. Parmi les valeurs de la constellation Frère, l'analyste de la Banque Degroof préfère GBL dont la décote par rapport à la valeur intrinsèque (19,7 pc) est plus élevée que celle de la CNP (16,6 pc).

© La Libre Belgique 2006