Frère pousse Bertelsmann vers la Bourse

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Frère pousse Bertelsmann vers la Bourse
© Johanna de Tessières

Alors qu'il va bientôt fêter ses 80 ans, Albert Frère se rappelle à notre bon souvenir. Vendredi, il a officiellement donné le coup d'envoi du processus de mise en Bourse du groupe de médias allemand Bertelsmann. Dans un communiqué pour le moins laconique, le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) a en effet annoncé que «conformément à la convention d'actionnaires conclue entre GBL et la famille Mohn (NdlR: actionnaire de Bertelsmann à près de 75 pc), le conseil d'administration de GBL a décidé de demander, à partir de fin mai 2006, la mise en oeuvre de la possibilité qui lui est offerte d'introduire en Bourse le groupe Bertelsmann si les conditions de marché sont favorables».

Rétroactes. En 2000 a lieu le rapprochement Audiofina, CLT-UFA et Pearson Television pour créer le premier groupe audiovisuel européen: RTL Group. En février 2001, lorsque Bertelsmann met la main sur RTL Group, Albert Frère et son partenaire canadien Paul Desmarais échangent leur bloc de 29,9pc dans RTL Group contre une participation de 25,1pc au sein du groupe familial allemand. Le baron Frère devient alors le seul et unique interlocuteur de la famille Mohn, qui veille jalousement sur son fleuron et craint comme la peste une trop forte ouverture du capital à des investisseurs extérieurs. Le magnat carolo obtient cependant une contrepartie à «l'illiquidité» de sa participation dans Bertelsmann: la possibilité à terme de vendre sur le marché ce bloc de 25,1pc via une introduction en Bourse. Une perspective d'abord fixée à 2005, puis repoussée à 2006. Et en attendant cette cotation, au cours d'une période limitée à 5 ans, il était prévu que GBL puisse encaisser au minimum un dividende annuel privilégié de 120 millions d'euros.

Sur le marché début 2007

Albert Frère a donc décidé d'exercer cette option. «Mais la mise en Bourse effective de Bertelsmann, si les conditions de marché sont réunies, n'interviendra en tout état de cause pas avant début 2007 au plus tôt. Nous sommes dans le capital de cette société depuis 5 ans. L'intention n'est pas de fuir cette société que nous aimons bien et qui a encore un beau potentiel. Mais il y a un moment où il faut savoir sortir d'une situation où nous n'avons pas toute la flexibilité requise», nous explique Thierry de Rudder, administrateur délégué de GBL. Ajoutant: «Cette annonce n'est pas une surprise ou un choc pour Bertelsmann, qui se prépare à cette introduction en Bourse depuis plusieurs années. Nous n'avons pas décidé cela dans le dos de la famille Mohn. Et si elle souhaite nous faire une offre, elle peut le faire mais cela n'a pas été le cas jusqu'ici.» Thierry de Rudder ne veut pas dire à ce stade si ce bloc de 25,1pc dans Bertelsmann sera ou non vendu dans sa totalité sur le marché. Ni sur la valorisation de Bertelsmann.

Pour rappel, en valeur, Bertelsmann est la troisième plus importante participation de GBL, derrière celle qu'il détient dans le pétrolier Total (3,8pc) et dans le groupe français de services aux collectivités Suez (8pc).

Le marché a salué cette annonce: GBL a gagné, hier, 4,43pc à 91,85 euros.

© La Libre Belgique 2006

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