Les gouvernements belge et luxembourgeois cherchaient toujours dimanche soir une banque "internationale" à laquelle adosser les activités belgo-luxembourgeoises du bancassureur Fortis, a indiqué le ministre luxembourgeois du Trésor Luc Frieden. Selon ce dernier, "à l'heure actuelle, le problème est du côté belge". "Le gouvernement luxembourgeois est à la recherche d'une solution luxembourgeoise, en étroite coordination avec le gouvernement belge", a indiqué le ministre sur la télévision luxembourgeoise. Il a estimé que les parties étaient "très proches d'un accord".

Il a précisé que l'Etat luxembourgeois, qui a pris le week-end dernier 49% du capital de Fortis Luxembourg, allait "rester au capital de Fortis", aux côtés d'un "groupe bancaire international de grande renommée, une banque qui n'a pas de problèmes de liquidités".

Quel que soit ce partenaire - il n'a cité aucun nom - l'Etat luxembourgeois gardera "un droit de veto" chez Fortis et "aura son mot à dire dans les décisions stratégiques" prises par le bancassureur, a-t-il assuré.

Il a cependant souligné qu'"à l'heure actuelle le problème est du côté belge". Si ce problème ne trouve pas de solution, il existe une solution uniquement pour les activités luxembourgeoises de Fortis, a-t-il indiqué.

Depuis vendredi soir, les gouvernements belge et luxembourgeois sont à nouveau au chevet de Fortis. Les médias belges ont bruissé de rumeurs de possible nationalisation de Fortis Belgique ou de cession partielle à la banque française BNP Paribas.

Les tractations ont suivi l'annonce vendredi par le gouvernement néerlandais de la nationalisation de l'essentiel des activités néerlandaises du groupe - y compris le "fleuron" que représentent les actifs d'ABN Amro - pour 16,8 milliards d'euros.

Cette reprise de contrôle néerlandaise a laissé Fortis Belgique et Fortis Luxembourg en position de faiblesse.

Dimanche dernier, les trois gouvernements du Bénélux avaient volé précipitamment au secours du groupe belgo-néerlandais, qui menaçait d'être la première grande victime européenne de la crise financière mondiale.

Ils ont décidé d'injecter 11,2 milliards d'euros au total dans Fortis, et de prendre chacun en échange environ 49% de la filiale bancaire du groupe dans leur pays respectif.