Le Conseil des ministres de ce vendredi a, entre autres points inscrits à l'ordre du jour, le lancement de "Valorimmo". Tel est en effet le nom officiel de ce que le monde de l'immobilier a pris l'habitude d'appeler jusqu'à présent "Fedimmo II".

Faut-il le rappeler, l'État a décidé de poursuivre sa stratégie de vente d'immeubles. Non à la pièce, comme d'antan, mais en société immobilière dont il garde 10 pc des parts, proposant les 90 autres pour-cent au plus offrant. A ce jour, il n'a pratiqué qu'une fois l'exercice. C'était en décembre dernier : "Fedimmo", comptant 62 immeubles représentant une surface de 382000 m² et des loyers annuels de plus de 40 millions d'euros (assurés en moyenne pour 17 ans), était acquise, à concurrence de 90 pc, par la sicafi Befimmo.

Cession enrichissante

L'opération ayant rapporté gros à l'État (576 millions d'euros), plus même que la sicafi qu'il avait initialement rêvé de porter sur les fonts baptismaux, décision a été prise lors des derniers accords budgétaires de la réitérer. Voilà donc "Valorimmo" qui pointe son nez.

Dès le mois de janvier, une première liste de 52 immeubles sélectionnés par la Régie des Bâtiments est apparue dans laquelle le gouvernement devait puiser pour concocter le portefeuille de Valorimmo. D'analyse en analyse, la liste en question a été tantôt réduite, tantôt allongée. Au final, elle compte 49 "complexes", 12 en Région de Bruxelles-Capitale, 24 en Région flamande et 13 en Région wallonne (liste ci-contre) d'une superficie totale dépassant les 620000 m². Parmi lesquels des bâtiments scientifiques ou assimilés de réputation "grand public" comme l'IRM (l'Institut royal de météorologie), autrement dit l'Observatoire d'Uccle, l'Institut Pasteur à Uccle ou encore le centre physique du globe à Dourbes, dépendant de l'IRM. D'autres, tout aussi connus, comme la caserne De Witte à Etterbeek, et quelques Archives de l'État. Mais surtout une belle brochette de bâtiments abritant des services de la police fédérale, inscrits un peu partout en Belgique.

C'est au cours du Conseil des ministres de ce 27 avril, le dernier de plein pouvoir avant les élections (les conseils suivants ne traiteront plus que des affaires courantes ou déjà lancées) que la liste sera présentée à la sagacité - et au droit de veto en quelque sorte - des ministres. Tout porte donc à croire qu'elle sera définitivement arrêtée. Mais sans doute pas intacte. Il se dit en effet que deux types de biens pourraient être écartés. D'une part, les institutions scientifiques, pour ce qu'elles représentent comme recherches à très longue échéance, d'autre part, les sites de la police fédérale, pour raisons de... pollution du sol. Ce qui porterait un coup fatal à Valorimmo, ceux-ci représentant quasiment 70 pc de sa surface.

Or, l'État espère bien tirer de cette seconde opération un minimum de 250 millions d'euros. Ceci avec un patrimoine jugé globalement moins "intéressant" que celui de Fedimmo (avec seulement 10 pc de bureaux, par exemple).

Deloitte et CMS De Backer

Impossible en tous les cas d'évoquer ce que vaut Valorimmo quand bien même les 49 immeubles éligibles étaient choisis. L'expert immobilier choisi par la Régie des Bâtiments, à savoir Deloitte (qui succède à Winssinger qui a expertisé Fedimmo) ne commencera en effet son boulot que sur base de la liste définitive. Et ce sera pareil pour l'expert juridique, CMS De Backer, pour ce qui concerne les baux. Car comme de bien entendu, si l'État reste propriétaire de 10 pc de Valorimmo, il en devient surtout locataire à 100 pc.

Quant à l'agenda de la vente, il y a peu de chances qu'il soit décidé... avant les élections, juge le marché. Il n'y a en effet aucune urgence à vendre Valorimmo (ce qui n'était pas le cas de Fedimmo dont le produit devait rentrer dans le budget 2006), un type d'opération somme toute peu... porteuse en termes de voix.

A noter que de la liste initiale a été enlevé l'Institut de criminalistique de Neder-over- Hembeek (11618 m²) qui doit être rénové en urgence et dont la Sopima devrait se charger.