Le groupe néerlandais Royal BAM est actionnaire de quatre entreprises en Belgique, dont trois en Flandre. En Wallonie, il s'agit de la société Galère à Chaudfontaine, active dans le génie civil et la construction, qui compte 530 travailleurs.

"A la mi-février, le groupe a fait part de sa nouvelle stratégie pour les années futures et son souhait de se concentrer sur ses activités aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Irlande. Concernant la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne, l'activité serait maintenue mais avec la potentialité que BAM cherche des acquéreurs", a confirmé mardi la porte-parole de la société Galère à Chaudfontaine. "A ce stade, il est beaucoup trop tôt pour en dire davantage mais cela ne modifie en rien nos activités et nous travaillons pour assurer notre carnet de commandes, qui continue de se remplir."

Les syndicats surpris et inquiets

Du côté des organisations syndicales CSC et FGTB représentées au sein de l'entreprise, cette annonce a surpris dans le sens où Galère est qualifiée d'entreprise saine. "Elle dispose d'une main-d'œuvre de qualité et son carnet de commandes est rempli jusqu'à la fin 2021, au moins. Les relations sont constructives entre les représentants des travailleurs et la direction locale. Selon celle-ci, les activités de Galère se poursuivent comme prévu et l'emploi est, à ce stade, entièrement garanti", soulignent Salvador Alonso Merino, secrétaire permanent CSC-BIE et Gando Alleri, secrétaire adjoint FGTB Centrale Générale.

Beaucoup de questions restent, à ce jour, sans réponse selon les syndicats. "Pour l'heure, la tête néerlandaise du groupe se tait dans toutes les langues", regrettent-ils.

La CSC et la FGTB estiment que "tout doit être mis en œuvre pour que l'emploi soit préservé, l'activité maintenue et développée". Ils plaident, dès lors, en faveur d'un actionnariat le plus local possible, "d'un centre de décisions proche des travailleurs et soucieux de participer au développement économique de la région".

Selon les syndicats, outre un nouveau repreneur, toutes les pistes sont aujourd'hui analysées, dont l'ouverture du capital aux travailleurs et l'appel aux sociétés d'invests publics. Ils souhaitent rencontrer au plus vite la direction de Royal BAM afin de lui communiquer leurs priorités. "Nous ne voulons pas d'un actionnaire avec des intentions de prédation ou de spéculation", préviennent-ils.