C’est le plus grand réservoir de stockage onshore du continent américain.

Ce mercredi, les drapeaux belge, chilien et français flottaient devant l’imposant réservoir de stockage du terminal de GNL (gaz naturel liquéfié) Mejillones, filiale détenue à 63 % par GDF Suez et 37 % par Codelco, l’entreprise publique minière chilienne. A 1 400 kilomètres de la capitale Santiago et en plein désert d’Atacama trône donc un cylindre en béton de 65 000 tonnes,  “soit une fois et demi le poids de l’Arc de triomphe” , a lancé le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, à l’assemblée. 

D’une capacité brute de stockage de 187 000 m3, ce réservoir peut regazéifier jusqu’à 5,5 millions de m3 de gaz naturel liquéfié par jour et générer ainsi 1 100 MW d’électricité à destination principalement de quatre mines de cuivre comme BHP Billiton ou Codelco, toutes voraces en énergie. Le Chili est le premier producteur mondial de ce minerai.

Ce sont 550 millions d’euros qui ont été investis dans le terminal de Mejillones, dont 145 pour le seul réservoir onshore. Il s’agit du 5e terminal du genre, avec celui d’Everett, près de Boston aux Etats-Unis, et trois autres en France.

Sa première pierre a été posée en 2008 dans l’urgence, après que l’Argentine eut coupé le robinet du gazoduc transandin, alors en difficulté pour couvrir ses besoins énergétiques internes.

Pour assurer une sécurité d’approvisionnement énergétique au Chili, le GNL arrive au terminal de Mejillones de quatre pays : l’Egypte, la Norvège, Trinidad-et-Tobago et le Yémen. Vingt bateaux approvisionnent le terminal qui, entre 2010 et 2014, a fonctionné grâce à un méthanier qui stockait le GNL.

Le terminal de regazéification de Mejillones, nouvelle corde à l’arc de GDF Suez, renforce sa présence au Chili. Déjà détenteur de près de 50 % des parts de marché dans la production d’électricité du nord du pays via sa filiale E-CL, et propriétaire du parc éolien Monte Redondo inauguré il y a cinq ans, dont les 48 MW d’électricité alimentent l’équivalent de 35 000 foyers.

Chili en croissance

L’Amérique latine représentait 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013 pour l’énergéticien français, un peu moins que l’Amérique du Nord (4,1 milliards d’euros). Un marché porteur où la croissance du Chili devrait notamment être la plus élevée de l’OCDE en 2014 (3,6 %).

Et si l’économie de la Chine – le premier acheteur du cuivre chilien – connaît un léger recul, cela n’inquiète pas GDF Suez. Son PDG, Gérard Mestrallet, assure “compenser le très léger ralentissement de la croissance des pays émergents en pénétrant d’autres économies”, comme l’Afrique du Sud ou le Koweït. Le gaz naturel liquéfié a donc de beaux jours devant lui dans le pays andin.

Comme l’a indiqué le ministre chilien de l’Energie, Máximo Pacheco, lors de l’inauguration du terminal de Mejillones, le Chili souhaite “diversifier sa politique énergétique” en réduisant la place du charbon au profit d’autes sources moins polluantes, face aussi au doublement prévu de la consommation d’énergie du pays dans les dix à douze ans à venir.

Le terminal de Mejillones est le 5e terminal du genre, avec celui d’Everett, près de Boston aux Etats-Unis, et trois autres en France.