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GDF Suez, un deuxième oui

Ariane van Caloen

Publié le - Mis à jour le

Avec Jean-François (NdlR : Cirelli) , nous sommes heureux et fiers de vous accueillir aujourd'hui. Nous avons le sentiment de partager un moment fort. Il s'agit de la naissance d'un des grands groupes d'énergie, d'un acteur majeur."

C'est par ces mots que Gérard Mestrallet, le patron de Suez, a entamé la conférence de presse organisée lundi dans un grand hôtel parisien pour annoncer le nouveau projet de fusion entre Suez et Gaz de France (GDF) devant une foule de journalistes et d'analystes financiers.

Le ton se voulait cordial, histoire de faire taire les rumeurs de mauvaise entente entre les patrons des deux groupes et de faire oublier dix-huit mois de négociations semés d'embûches et de contretemps. Dans un duo savamment équilibré, Jean-François Cirelli, le patron de Gaz de France, enchaîna pour "remercier" le Président de la République et le Premier ministre pour le "rôle essentiel" qu'ils ont joué. Il s'agit bien, a-t-il ajouté, d'une fusion entre "égaux et amicale".

Seules les activités "énergie" de Suez (Electrabel et Tractebel, essentiellement) seront fusionnées avec GDF. Le nouveau groupe, qui a été baptisé GDF Suez, poursuit notamment comme stratégie "la sécurité d'approvisionnement", a précisé M.Cirelli. Il affichera une capitalisation boursière de 70 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires total de 72 milliards. Ce qui le place en tête des "utilities" (services aux collectivités) dans le monde. La parité d'échange est 21 actions GDF pour 22 actions Suez. Concomitamment, 65 pc du pôle environnement (eau et propreté) de Suez seront distribués aux actionnaires de Suez sous forme d'actions négociables en Bourse.

Questions de principe

Pour sauver la fusion annoncée il y a dix-huit mois alors que le groupe énergétique italien Enel fomentait un raid hostile sur Suez, Gérard Mestrallet a donc dû accepter l'idée qu'il a toujours rejetée de scinder "son" groupe. Mais, à l'entendre, il ne s'agit pas d'une séparation. Le passage à une participation minoritaire de GDF Suez dans Suez Environnement "permet de maintenir un lien fort sans remettre en cause les questions de principe. Aucune partie de Suez Environnement n'est détachée", a-t-il souligné. Un pacte d'actionnaires sera mis en place. Il regroupera 47 pc du capital, à savoir les 35 pc détenus par GDF Suez et environ 12 pc détenus par les principaux actionnaires de Suez (GBL, Areva, CDC, etc).

La fusion devrait se concrétiser courant 2008, "si possible" au premier semestre. D'ici là, il y aura encore une série d'étapes à franchir dont l'ultime sera l'approbation par les assemblées des actionnaires. L'Etat français détiendra plus de 35 pc du nouvel ensemble et en sera le premier actionnaire. Ne faut-il pas dès lors y voir une nationalisation de Suez ? Gérard Mestrallet ne fut évidemment pas déconcerté par cette question prévisible. "La présence de l'Etat nous apportera la visibilité dont un groupe comme le nôtre a besoin", a-t-il expliqué. Venu tout droit des cabinets ministériels du temps de Jacques Chirac, Jean-François Cirelli a tenu, lui aussi, à relativiser cette nouvelle donne. "L'énergie est une activité stratégique pour tous les Etats. Nulle part, le gouvernement en est absent. Cela ne veut pas dire qu'un Etat agit de manière irrationnelle."

Manque de clarté

Le comité de direction du nouveau groupe sera présidé par Gérard Mestrallet, Jean-François Cirelli devenant vice-président. Il sera composé de six personnes dont deux Belges (Jean-Pierre Hansen, qui dirigera les activités "Energie Europe & International, et Gérard Lamarche, directeur financier).

Les actions Suez et GDF, qui avaient grimpé la semaine dernière, ont clôturé hier en baisse de 3,31 pc à 40,58 euros et de 2,69 pc à 35,81 euros, les analystes dénonçant "un manque de clarté" dans l'opération, en particulier sur la valorisation de Suez Environnement.

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