"Il est scandaleux d'avoir à subir un tel chantage", s'est insurgé Jacques de Peretti, président directeur général d'Axa France, dans un entretien au Parisien, publié samedi soir sur le site internet du journal.

"J'ai eu au téléphone lundi dernier l'ensemble de mes collègues européens et un tel chantage n'a jamais été pratiqué dans aucun pays, alors que la situation au regard des assurances et des restaurateurs est la même", a poursuivi le dirigeant.

Bruno Le Maire a demandé mardi le gel des primes d'assurance pour le secteur de l'hôtellerie-restauration, faute de quoi le gouvernement soutiendra un amendement du Sénat demandant une contribution exceptionnelle aux assureurs.

Un amendement déposé ces derniers jours au Sénat vise en effet à instaurer une contribution exceptionnelle de 2% sur les primes versées au titre des contrats d'assurance dommage. Cela représenterait, selon la Fédération française de l'assurance, une charge de "1,2 milliard" d'euros pour le secteur.

"Cette taxe serait la plus mauvaise des choses pour la relance car nous ne pourrions pas assumer seuls une telle charge, et nous serions obligés de la reporter sur les cotisations de nos assurés, elles-mêmes déjà lourdement taxées", a mis en garde M. de Peretti.

En ce qui concerne le gel des primes pour les professionnels de l'hôtellerie-restauration, "c'est une piste que nous regardons de près. (...) Nous avons tous intérêt à trouver une solution et à sortir tous par le haut de ce conflit", a poursuivi M. de Peretti, mettant en avant "l'esprit d'ouverture" des compagnies.

Depuis le mois de mars, le secteur de l'assurance a déployé diverses mesures de soutien à l'économie, qui vont d'une contribution de 400 millions d'euros au fonds public de soutien aux PME à un programme d'investissement de plus d'un milliard d'euros, en passant par diverses initiatives prises individuellement par les compagnies.

Au total, ces mesures individuelles et collectives représentent 3,8 milliards d'euros d'engagements.

Mais les assureurs sont accusés depuis le début de la crise sanitaire de ne pas en faire assez et des dizaines de contentieux entre restaurants et assureurs sur la couverture des pertes d'exploitation, qui sont rarement couvertes, ont été portées devant les tribunaux.