Semaine cruciale pour General Motors et Chrysler. GM pourrait bien devoir déposer son bilan et Chrysler espère un feu vert judiciaire au transfert de ses actifs sains à un consortium rassemblé autour de Fiat.

Analystes et observateurs estiment désormais probable que GM, qui doit présenter d’ici le 1er juin un plan de restructuration viable, choisisse de déposer son bilan d’ici là, même en cas de concessions de dernière minute. Jeudi, le constructeur avait pourtant réglé un dossier clé en obtenant de nouvelles concessions du syndicat automobile américain UAW. Il a conclu un accord similaire vendredi avec le syndicat canadien TCA. Bien que fondamental, ces accords sociaux ne sont pas suffisants : il faut encore que GM restructure 27 milliards de dette obligataire garantie. Le groupe a donné jusqu’à mardi à ses créanciers pour apporter leurs titres. Il leur propose de convertir leur dette en actions, opération à l’issue de laquelle ils obtiendraient 10 % du capital, contre 39 % pour l’UAW et plus de 50 % pour l’Etat fédéral. Les parités retenues font la part belle au syndicat et provoquent la grogne des investisseurs, dont de nombreux petits porteurs, ce qui pourrait faire capoter le sauvetage du groupe.

Samedi, dans une interview à la chaîne du Congrès C-Span, le président des Etats-Unis a soigneusement évité de mentionner une faillite possible de GM, alors que le groupe a annoncé vendredi avoir reçu 4 milliards de dollars supplémentaires du Trésor pour maintenir un niveau de trésorerie adéquat, ce qui porte à 19,4 milliards les sommes reçues à ce jour de l’Etat américain. "En fin de compte, je crois que GM sera une société forte et nous nous retirerons dès que l’économie se reprendra et qu’ils auront achevé leur restructuration, a déclaré Barack Obama. J’espère que nous verrons à la fois GM et Chrysler sortir de ce processus de restructuration plus minces, dégraissés et plus compétitifs, avec un ensemble de produits qui plairont aux consommateurs, de bonnes voitures économes en carburant et qui répondent au marché de demain."

A propos de Chrysler, les choses avancent à vitesse accélérée depuis son dépôt de bilan. Le constructeur aura mercredi "le rendez-vous le plus important de sa procédure", explique une source judiciaire. Arthur Gonzalez, le juge new-yorkais en charge du dossier, doit trancher sur le plan orchestré par Washington, qui prévoit que les actifs sains du groupe soient repris par un consortium structuré autour de l’italien Fiat. Même en cas d’aval du juge, Chrysler ne serait pas encore tiré d’affaires, la finalisation de l’accord nécessitant une trentaine de jours, "ce qui est une fenêtre de tir pour des procédures d’appel" éventuelles, selon cette source.

Reste qu’autant Chrysler que General Motors souffrent d’un obstacle majeur à leur redressement : un marché automobile américain complètement paralysé par la récession. La grande question est de savoir combien de temps le marché va rester à des niveaux aussi faibles et si les deux constructeurs commercialisent, enfin, des modèles correspondant aux attentes du marché. (D’après AFP, Reuters)