Le tribunal de l'entreprise de Bruxelles a accepté la demande de procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) de la filiale belgo-luxembourgeoise de Getronics, une société de conseils en informatique basée à Diegem, a-t-on appris du syndicat CNE mercredi. Cette protection contre les créanciers, qui durera jusqu'à la fin octobre avec une prolongation possible de deux semaines, et la désignation d'une mandataire de justice pour trouver un repreneur est un soulagement pour les 336 travailleurs de l'entreprise et leurs représentants syndicaux. Ils se battent depuis des semaines pour empêcher la suppression annoncée de 126 emplois, sans plan social négocié, seule alternative à la faillite de Getronics Belux, selon ses dirigeants.

D'initiative, Pierre-Emmanuel Brysse, un employé et délégué syndical CNE de Getronics Belux, a contacté de nombreuses entreprises pour sonder leur intérêt quant à une reprise de la filiale. "Une dizaine de grands groupes actifs dans l'informatique se sont dit intéressés. Environ cinq d'entre eux ont un projet extrêmement sérieux et ont pris contact avec le cabinet d'avocats qui gère le dossier", dévoile-t-il. Le syndicaliste précise que la mandataire de justice s'est d'ores et déjà mise en rapport par courrier avec ces candidats repreneurs potentiels.

Reste que le fonds d'investissement GSH Private Capital Limited, qui a racheté l'ensemble du groupe Getronics à l'exception de la filiale déficitaire Belux, a une option d'achat prioritaire, signale Pierre-Emmanuel Brysse. Mais c'est justement un rachat par GSH que les travailleurs et les syndicats veulent éviter. C'est en effet GSH qui a induit l'élaboration de ce plan de suppression d'emplois avec une enveloppe bien mince, de 2,5 millions d'euros, pour les indemnités de départ du personnel.

Plusieurs scénarios de reprise se profilent : par GSH, avec de nombreuses suppressions d'emplois à la clé ou bien par un voire plusieurs candidats car les activités de Getronics Belux sont variées et pourraient être scindées.

Le front commun syndical n'a toujours pas obtenu de la direction de Getronics Belux les informations financières qu'ils avaient demandées : les comptes 2019 et ceux du premier semestre 2020 ainsi que le plan de trésorerie de l'entreprise. Les syndicats savent toutefois que ces documents ont bien été transmis au tribunal de l'entreprise, tout comme une lettre de GSH dans laquelle le fonds d'investissement s'engage à mettre l'argent nécessaire pour que la filiale Belux tienne le coup le temps de la PRJ.

Dans l'attente de la conclusion de cette PRJ, Pierre-Emmanuel Brysse tient à souligner "la solidarité extrêmement efficace entre le personnel, la Belgique et le Luxembourg et au sein du front commun syndical".