Leur nombre d'utilisateurs explose pour l'instant, mais les recettes publicitaires, elles, sont en chute libre.

L'épidémie de coronavirus se traduit parfois par des conséquences inattendues voire franchement étranges. Avec les mesures de confinement, partout dans le monde, l'utilisation d'Internet et des réseaux sociaux connaît une croissance spectaculaire. Dans les pays les plus durement touchés, durant le mois écoulé, le nombre de messages envoyés via Facebook a augmenté de 50 %. Énorme. Tout profit pour la société, donc. Eh bien, pas tout à fait.

Selon une étude menée par Cowen & Co., les recettes nettes de la société devraient diminuer de 19 % en 2020 par rapport à l'année précédente. Elles se fixeraient à 67,8 milliards $. Comment expliquer cette perte de 15,7 milliards $ en un an ? Par la publicité, uniquement. Beaucoup de sociétés tournent au ralenti voire plus du tout, ont recours au chômage temporaire et effectuent donc des coupes sombres dans tous les postes "non nécessaires" afin de ne pas mettre leur activité en péril. Et le poste promotionnel arrive souvent en première position dans ce cas-là.

Facebook n'est pas seul à souffrir. Un autre géant, Google, voit aussi ses recettes nettes baisser de 18 %. Pour exactement les mêmes raisons, elles devraient atteindre 127,5 milliards $ selon les analystes de Cowen & Co, soit 28,6 milliards $ de moins que l'an dernier.

Inutile, cependant, de verser des larmes de crocodiles sur le sort de ces deux géants: si, à eux deux, ils perdent 44,2 milliards $, leurs bénéfices restent confortables. Et les rentrées publicitaires devraient gagner 23 % en 2021, selon les prévisions.

Du côté de Twitter et de Snapchat, les diminutions sont tout aussi sévères (respectivement -18 % et -30 %), mais sur des volumes moins conséquents. IIs devraient terminer l'année avec 3,2 et 1,66 milliards $ de plus dans les caisses malgré tout, selon Cowen & Co.