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Syriza, le parti de gauche radicale du Premier ministre grec Alexis Tsipras, était au bord de l'éclatement jeudi soir à quelques heures du vote crucial par le Parlement du troisième plan d'aide au pays, auquel une partie des députés de Syriza sont opposés.

Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement, a critiqué le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, tandis que l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis appelait à la création d'un mouvement national anti-austérité, s'attirant les foudres du gouvernement.

"La décision de Panagiotis Lafazanis d'annoncer aujourd'hui (...) l'esquisse d'une nouvelle entité politique, concrétise sa décision très prévisible d'écarter son chemin de celui du gouvernement et de Syriza, avant même le congrès extraordinaire du parti" prévu en septembre, a réagi une source gouvernementale.

Cette source a poursuivi sur le mode ironique : "Nous devons rappeler qu'un retour à la drachme, présenté comme un objectif central (par l'ex-ministre) est peut-être une position adoptée par (le ministre allemand des Finances) Wolfgang Schäuble, mais n'a jamais été un engagement électoral de Syriza".

Elle a rappelé que le retentissant "non", lors du réferendum du 5 juillet, à des propositions précédentes des créanciers, "n'était en aucune manière un mandat pour sortir de l'euro ou revenir à la monnaie nationale".

De son côté, Mme Konstantopoulou a accusé M. Tsakalotos de vouloir donner "le sceau du Parlement à Schäuble, Dijsselbloem (président de l'Eurogroupe) et (Angela) Merkel", la chancelière allemande.

Vers 20h30 GMT jeudi, les responsables des partis grecs, après une journée de débats en commissions, discutaient de la procédure pour la séance plénière et le vote dans la nuit.

Le Parlement grec doit entériner l'accord pour une nouvelle aide de 85 milliards d'euros sur trois ans à la Grèce, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue vendredi à Bruxelles.

Le ministre de l'Economie Giorgos Stathakis plaidait pour que le vote ait lieu pas plus tard que 12h00 GMT, sans paraître convaincre la présidente, soucieuse du respect des procédures.

Syriza et son allié, le petit parti de droite souverainiste ANEL, comptent 162 députés sur 300 au Parlement (149 + 13). Lors de deux précédents votes sur le plan d'aide, les 15 et 22 juillet, M. Tsipras ne l'avait emporté que grâce aux voix de l'opposition.

La première fois, il lui avait manqué les voix de 39 élus de Syriza (32 non, 6 abstentions et une absence) et la deuxième fois 36 (31 non et cinq abstentions). Les 13 députés d'ANEL avaient voté oui.

Si le soutien des élus de la coalition tombait en-dessous de 120 pour le vote à venir, M. Tsipras devrait automatiquement convoquer des élections législatives anticipées, ce qu'il semblait déjà envisager.