Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 pc à l'horizon 2050 ? Un pari fou ? Greenpeace ne le croit pas. L'organisation non gouvernementale pense même que c'est la seule façon de lutter contre le réchauffement climatique. Et pour cela, elle a échafaudé tout un scénario intitulé "energy (r)evolution" qu'elle a présenté, hier, à Bruxelles et qui tient compte de l'évolution économique dans des pays comme l'Inde ou la Chine.

Selon l'ONG, cette révolution énergétique doit combiner l'utilisation accrue des énergies renouvelables et une meilleure efficacité énergétique. "Des objectifs contraignants doivent être définis en accord avec les propositions de la Commission visant à une réduction annuelle de 1 pc de notre consommation énergétique", souligne l'organisation.

Le rapport montre que l'énergie renouvelable n'est pas un rêve pour le futur. En perpétuelle évolution technologique, ce marché connaît même une croissance considérable : son chiffre d'affaires s'élevait, en 2006, à 38 milliards de dollars, soit 26 pc de plus que l'année précédente. L'ONG est convaincue que la génération future doit être celle du "solaire".

Cinq principes

L'énergie renouvelable pourrait fournir jusqu'à 35 pc des besoins énergétiques en 2030, affirme le rapport. L'étude commandée à l'Institut allemand d'aérospatiale (DLR) démontre qu'au niveau planétaire, 70 pc de l'électricité pourraient être produits par des renouvelables, tout comme 65 pc du chauffage.

"Pour rendre ces énergies compétitives, il est impératif de mettre un terme à la subsidiation des énergies fossiles ou nucléaire et d'appliquer de manière conséquente le principe du pollueur-pay "à cesser progressivement de soutenir toute production énergétique d'origine fossile ou nucléaire".

Le scénario établi pour la Belgique démontre qu'il est nécessaire de réduire de 40 pc notre consommation énergétique. Une fois cette réduction réalisée, la Belgique pourra produire 65 pc de son électricité au départ d'énergies renouvelables, affirme Greenpeace.

La "révolution" de Greenpeace s'articule autour de cinq principes clés. Un, appliquer des "solutions renouvelables et propres et des systèmes énergétiques décentralisés" (où la consommation est très proche de la production d'énergie). Deux, respecter les limites naturelles. Trois, sortie progressive des "énergies sales et non durables". Le nucléaire et le charbon sont visés. Quatre, l'équité et l'honnêteté. Cela signifie que tout le monde, y compris les pays pauvres, aura accès aux services liés à l'énergie. Cinq, découpler la croissance de la consommation d'énergie fossile.

© La Libre Belgique 2007