Plus d'une semaine après le début de la grève, menée par la seule FGTB, le climat ne semble pas s'améliorer entre syndicat et direction alors qu'une nouvelle réunion de conciliation est prévue ce jour à 13h30.

Dans un bref communiqué, la direction du géant brassicole a confirmé la réunion de conciliation de ce lundi. "L'incertitude et l'instabilité qui règnent à la brasserie de Jupille durent maintenant depuis plus de 10 jours , avec toutes les conséquences y afférent. Le brasseur compte sur une conclusion positive de la conciliation", ajoute-t-il.

Une précédente réunion de conciliation qui s'était déroulée mardi dernier n'avait pas permis d'aboutir à un accord sur la proposition de mettre en place une commission d'enquête. La direction maintient avoir pris les mesures de sécurité nécessaires tandis que la FGTB regrette qu'un tracing n'ait pas été réalisé dès la détection des deux premiers cas de Covid-19.

Dès lors, les grévistes réclament toujours le déplacement vers un autre site de la directrice des ressources humaines et du conseiller en prévention avec lesquels la confiance est rompue.

Face à une atmosphère qualifiée d'agressive par la direction, ce que conteste la FGTB, la direction a annoncé la semaine dernière ne pas avoir d'autre choix que "de faire exécuter des astreintes aux personnes qui bloquent le fonctionnement de la brasserie et vont au-delà de ce que permet le droit de grève". Ce qui a été appliqué à plusieurs grévistes, dont le délégué principal FGTB José Borego pour un montant de 11.000 euros.

"Tout au long du week-end, à chaque fois qu'un point de la situation était fait à chaque changement de pause, cela s'est fait en présence des huissiers. Ils se relayent pour être là jour et nuit à la demande de la direction et ils prennent des notes de tout ce qui se dit. Samedi, l'entrée sur le site a même été interdite aux délégués FGTB pendant que la CSC réalisait une information à l'ensemble du personnel. C'est bien simple, nous ne pouvons plus parler aux travailleurs sans que nous soyons accompagnés. La liberté d'expression n'existe plus", souligne José Borego. "Les huissiers ont même demandé des identités, en vue des astreintes, sur la voie publique. Ils outrepassent leurs droits".

Ce lundi 13h, face à l'entreprise, la FGTB organise un rassemblement de soutien aux travailleurs en grève. Des délégué(e)s d'autres sites d'AB InBev, mais aussi d'autres secteurs, seront présents ainsi que le secrétaire général de la FGTB wallonne, Jean-François Tamellini, et le président de la FGTB, Thierry Bodson.

"Les travailleurs, qui avaient déjà reçu une ordonnance pour leur signifier qu'ils étaient soumis à une astreinte de 2.500 euros en ont reçu une deuxième, 24h plus tard, qui les informait que leurs biens mobiliers étaient mis en gage du paiement de cette astreinte. Nous dénonçons cette mise sous pression, inhumaine, de travailleurs qui se battent pour la protection de toutes et tous dans l'entreprise", déplore-t-on encore à la FGTB.

Le mouvement a débuté le 3 septembre dernier à la suite de plusieurs cas de Covid-19 au sein du département logistique. Onze cas ont été recensés. Sur les deux travailleurs plus sévèrement atteints, l'un est sorti des soins intensifs. La direction a annoncé la semaine dernière que les résultats de 148 tests étaient tous négatifs