Le personnel de La Poste sera en grève le lundi 2 mars, jour d’une manifestation générale organisée à Bruxelles par le front commun syndical pour protester contre les diverses restructurations qui ont débouché sur une hausse de la productivité et de la flexibilité, a indiqué lundi le front commun syndical (CSC-CGSP-SLFP) à l’issue d’une réunion en matinée.

Revendications ignorées

Les bureaux de poste du pays seront fermés et des actions sont également prévues les jours suivants, jusqu’à mercredi au moins, a précisé André Blaise (CSC-Transcom). Le mécontentement des postiers a été amplifié par le peu d’écho aux revendications du front commun dans le cadre des négociations entamées depuis peu sur la nouvelle convention collective de travail.

L’annonce de l’opération financière "très juteuse" de l’actionnaire danois a également suscité le mécontentement, souligne le front commun. Début février, Post Danmark A/S a demandé au gouvernement belge l’autorisation de céder pour 373 millions d’euros sa participation dans La Poste (soit 24,9 pc) à CVC Capital Partners afin de se concentrer sur sa fusion avec la poste suédoise.

Le personnel de La Poste exige la fin du "démantèlement du réseau et de la dévalorisation des métiers de La Poste". "Les restructurations en cours depuis des années ont conduit à une hausse intolérable de la productivité, de la flexibilité et du nombre de mutations", résume André Blaise. Confrontée à la perspective de la libéralisation du marché en 2011, La Poste belge poursuit vaille que vaille son programme de réorganisation, allant des différentes étapes de Géoroute au déploiement des Points Poste, ce qui ne manque pas de susciter régulièrement la grogne des travailleurs.

"Nous sommes conscients que la libéralisation doit intervenir en 2011, mais il faut des conditions de travail et de rémunération décentes. Dans quelques semaines, les "livreurs de courrier" (destinés à seconder les facteurs, entraînant le nombre de ces derniers à la baisse, NdlR) seront engagés, pour un salaire de misère de quelque 8 € de l’heure", souligne le syndicaliste.

La CGSP dénonce pour sa part une volonté de "dumping social" à La Poste. "Nous voulons forcer le gouvernement à donner un cadre décent à La Poste dans la perspective de la libéralisation", souligne Michel Meyer (CGSP). "L’argent doit rester à La Poste pour favoriser sa mutation", ajoute-t-il, disant craindre la perspective d’une entrée en Bourse. Concrètement, les bureaux de poste seront fermés le lundi 2 mars, annonce le front commun syndical. La manifestation bruxelloise est programmée à partir de midi ce jour-là. Dans les jours qui suivent, et au moins jusqu’au 4 mars, des actions sont prévues.

Réaction de la direction : "Tous les projets de modernisation et de changement à La Poste sont indispensables pour nous préparer à la libéralisation du secteur postal en Europe en 2011", a souligné Piet Van Speybroeck, porte-parole de La Poste, à la suite de l’annonce d’une grève générale le 2 mars. La Poste déplore les actions qui seront menées par les syndicats avant le démarrage de nouvelles négociations sur la convention collective. "Nous déplorons aussi les conséquences de la manifestation et des actions annoncées sur la clientèle, et ferons tout ce qui est possible pour en limiter l’impact", a ajouté M. Van Speybroeck. (D’après Belga)