Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a mis en garde samedi dans un entretien contre une sortie de la Grèce de l'euro, invoquant un "effet domino" susceptible selon lui de se propager à l'Espagne et à l'Italie ainsi qu'à l'Allemagne.

"Si la Grèce explose, alors l'Espagne et l'Italie seront les prochains. Et, à terme, l'Allemagne. C'est pourquoi nous devons trouver une solution à l'intérieur de l'Euro", a déclaré au quotidien populaire Bild M. Kammenos, alors que le scénario d'une sortie de la Grèce de l'euro -- un "Grexit" -- a refait surface, en particulier en Allemagne.

"Mais cette solution ne doit pas se résumer à ce que les Grecs soient toujours obligés de payer. Les gens n'ont rien reçu des plans d'aide, tout est allé exclusivement aux banques", a déploré M. Kammenos, qui dirige le Parti des Grecs indépendants (droite souverainiste), allié du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras.

Selon le ministre, Athènes n'a pas besoin d'un troisième plan d'aide mais d'un "effacement de la dette", à l'image de celle obtenue par l'Allemagne en 1953 lors de la conférence de Londres", qui avait conduit à l'effacement de l'essentiel de sa dette, alors que le pays était sorti ruiné de la Seconde guerre mondiale.

Evoquant encore la question des réparations pour les dommages perpétrés par les nazis en Grèce lors du conflit, M. Kammenos a soutenu que "tous les autres pays européens avaient été dédommagés", à l'exception du sien.

"Pour nous, ce n'est pas un acte contre l'Allemagne, mais un devoir historique. L'or que les nazis ont emporté d'Athènes à Berlin représentait beaucoup d'argent. Pour cela, nous attendons un dédommagement", a-t-il dit, alors que son ministère a annoncé vendredi vouloir utiliser les archives secrètes de la Wehrmacht à l'appui de la demande de réparations.

Berlin considère le problème des réparations réglé depuis 1960, dans le cadre d'un accord avec d'autres gouvernements européens, et n'entend pas payer quoi que ce soit, mais la Grèce insiste. Le ministre de la Justice a ainsi déclaré cette semaine qu'il pourrait mettre en application une décision de la Cour suprême grecque de 2000 ordonnant la saisie d'actifs allemands pour rembourser les dommages de guerre.