Une réunion entre les syndicats et la direction de Makro a tourné court ce jeudi matin. La direction avait convoqué un conseil d'entreprise extraordinaire mais, dénonce le front commun syndical, il n'y a pas eu de débat possible.

Makro est une enseigne de la grande distribution qui connaît de grosses difficultés financières depuis des années. Différentes stratégies commerciales ont été mises en œuvre pour tenter de redresser la barre, sans succès. Jeudi, c'est une nouvelle organisation du travail et de la structure des six magasins Makro restant en Belgique qui a été présentée aux syndicats. L'objectif : réduire les coûts.

"On nous a annoncé qu'il sera demandé aux travailleurs des magasins une polyvalence totale, qu'un nouveau système de planification des horaires (variables d'une semaine à l'autre) va être mis en place, qu'on allait installer des caisses self-scan et qu'une partie de l'assortiment de produits sera supprimée (magazines, livres, journaux...)", détaille le permanent CGSLB Stijn Vandercruysse.

Ce n'est pas tout puisque la direction veut également supprimer des emplois, comme ceux de boulangers et certaines fonctions de cadre dans les magasins, mais sans en préciser le nombre.

Ce plan est présenté cet après-midi dans les magasins et les réactions ne se sont pas fait attendre puisque le personnel des Makro de Machelen et de Deurne a débrayé. Les magasins de Sint-Pieters-Leeuw et Eke garderont portes closes ce vendredi.

"Les travailleurs sont bien conscients de la situation financière de Makro et ils savent que des efforts doivent être faits mais pas en nous imposant les choses, de façon unilatérale, sans possibilité pour les organisations syndicales de faire des contre-propositions", souligne Stijn Vandercruysse.

Dans un tract envoyé jeudi après-midi, le front commun syndical fait état d'économies "entièrement réalisées sur le dos du personnel". "Nous exigeons que le plan proposé par la direction soit immédiatement arrêté et qu'une concertation sociale ait lieu", écrivent les syndicalistes. "Nous avons dit à la direction que ce n'était pas une façon de faire mais nous avons la volonté de renouer le dialogue", conclut le permanent de la CGSLB.