L'action Pernod Ricard a essuyé un sévère recul jeudi (-5,65pc à 143,60 euros), les prévisions du groupe ayant douché les analystes, qui ont du mal à évaluer la croissance des grandes marques de whisky et les coûts liés aux boissons héritées du rachat du concurrent britannique Allied Domecq. «Pernod va bien, mais a nettement déçu sur ses perspectives de rentabilité, inférieures de 10pc aux prévisions. Le consensus des analystes était beaucoup trop optimiste», a déploré l'un d'eux.

Pernod a indiqué jeudi que son bénéfice net pour l'exercice 2005-2006 (qui sera clôturé en juin) «hors éléments non récurrents et aux taux de change actuels» s'établirait entre 7,3 et 7,6 euros par action.

La Société Générale tablait jusqu'à présent sur un bénéfice net par action de 8,3 euros, d'après une note datée du 3 février.

Selon la banque, les investisseurs sont très attentifs à la croissance des ventes des douze grandes marques du groupe Pernod, «qui contribuent à un tiers des volumes mais à deux tiers de la «profitabilité».

Pernod Ricard a précisé jeudi que les ventes de ses 12 premières marques ont augmenté de 9pc en valeur au cours du premier semestre 2005-2006 (juin-décembre 2005), grâce à des hausses de prix de vente.

Mais en volume, la progression se limite à 2pc, montrant que «les hausses de prix ont freiné l'expansion du groupe, jusqu'ici très forte», note un analyste.

Excès d'optimisme

Concernant l'intégration d'Allied Domecq, «l'objectif d'un montant global de synergies de 300 millions d'euros est confirmé», a précisé jeudi Pernod.

Les investisseurs espéraient un relèvement, avait averti la Deutsche Bank, qui jugeait cet espoir un peu excessif.

«L'excès d'optimisme sur l'intégration d'Allied Domecq pouvait se justifier, car Pernod avait réussi celle de Seagram», explique un analyste, sous couvert de l'anonymat.

«La mauvaise nouvelle» concerne les marques d'Allied Domecq qui seront «affectées par des opérations de déstockage et de changement de distributeurs», soulignent les analystes d'Exane BNP Paribas. Selon eux, les dépenses de marketing seront également plus fortes que prévu.

© La Libre Belgique 2006