Telecom Italia s'est retrouvée dans la tourmente, vendredi. Son président, Guido Rossi, en conflit ouvert avec le principal actionnaire, la holding Olimpia dirigée par Marco Tronchetti Provera, a annoncé sa démission. "M. Guido Rossi a remis sa démission au poste de président et de membre du conseil d'administration avec effet immédiat", indique sans plus de détails un communiqué de l'entreprise.

Le désaccord entre Guido Rossi (76 ans) et Marco Tronchetti Provera était connu de tous. A plusieurs reprises, le président avait déjà fait comprendre qu'il pourrait bien jeter l'éponge. Mais l'annonce de son départ intervient à un moment très délicat pour l'opérateur.

Marco Tronchetti Provera a entamé des négociations avec l'américain ATT et le mexicain America Movil pour leur vendre les deux tiers des titres de la holding Olimpia, qui contrôle 18 pc de Telecom Italia.

Et le gouvernement italien suit l'opération avec beaucoup de préoccupation, de crainte de perdre un fleuron industriel.

Plus tôt vendredi, M. Rossi s'était déjà livré à une dure critique de M. Tronchetti Provera, l'accusant de vouloir "contrôler la société" Telecom Italia alors qu'il n'avait investi "que 0,6 pc du capital". Et le président laissait entendre qu'il ne se présenterait pas à l'assemblée générale du 16 avril prochain de Telecom Italia au cours de laquelle un nouveau conseil d'administration doit être nommé.

"Qu'est-ce que je ferai au milieu d'une liste d'administrateurs désignés pour obéir à quelqu'un qui a investi 0,6 pc du capital et prétend contrôler la société ?", interrogeait-il.

Marco Tronchetti Provera contrôle, à travers une longue chaîne de sociétés, la Pirelli qui détient 80 pc de la holding Olimpia, cette dernière étant avec 18 pc le principal actionnaire de Telecom Italia.

C'est sur sa proposition que Guido Rossi (qui avait déjà dirigé l'entreprise lors de sa privatisation en 1997) était arrivé à la présidence de l'opérateur en septembre 2006.

Mais les relations entre les deux hommes n'ont fait que se dégrader, en raison d'un désaccord sur la stratégie à adopter par Telecom Italia.

L'annonce de la démission du président intervient alors que la Bourse de Milan est fermée en raison des fêtes de Pâques. Elle est donc sans conséquences dans l'immédiat pour les titres Telecom Italia et Pirelli. (AFP)

© La Libre Belgique 2007