Le terminal 5 de l'aéroport londonien d'Heathrow, censé restaurer l'image du premier aéroport mondial pour le transport international de passagers, a connu jeudi une mise en service cauchemardesque, avec vols annulés, bagages en retard et manifestation.

Inauguré officiellement il y a deux semaines par la reine Elizabeth II, le terminal a ouvert ses portes au public après cinq ans et demi de travaux pour un coût total de 4,3 milliards de livres (environ 5,6 milliards d'euros). Mais dès ce premier jour, diverses difficultés ont conduit à la mi-journée à l'annulation d'une vingtaine de vols moyen-courriers, notamment à destination de Munich, Francfort, Paris et Bruxelles, ainsi que vers Glasgow et Aberdeen. Le bâtiment ultramoderne, construit par le groupe aéroportuaire BAA (filiale du constructeur espagnol Ferrovial) pour l'usage exclusif de British Airways, et capable de gérer 30 millions de passagers par an, devait accueillir quelque 40 000 personnes pour sa première journée de fonctionnement.

Les réjouissances ont été ternies par une série d'incidents qui ont fait craindre que le nouveau terminal, qui avait été pourtant qualifié par la Reine de "porte d'entrée du vingt et unième siècle pour le Royaume-Uni", ne sombre dans un chaos semblable à celui des anciens terminaux. Des opposants aux projets de développement de l'aéroport, suspendus au feu vert du gouvernement, qui incluent la construction d'une troisième piste et d'un sixième terminal, ont organisé une manifestation. Par ailleurs, des passagers ont fait état de premières fausses notes, comme des files trop longues aux zones d'enregistrement, alors que BAA promettait un temps d'attente très réduit, ou encore des bagages rendus jusqu'à deux heures après l'atterrissage. Trois vols sont même partis sans bagage.