Entreprises & Start-up

Après des heures de tractations en son sein, le gouvernement wallon a décidé jeudi d’octroyer à ArcelorMittal le volume de quotas de CO2 nécessaires à la relance de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise. Au total, le groupe devrait hériter de 12 millions de tonnes de dioxyde de carbone pour la période 2008-2012. Il s’agit, d’après des observateurs, d’une adaptation de l’accord de 2007 sur le maintien de la sidérurgie à chaud. Le terme est fixé à 2012, car après, le système d’attribution des permis de polluer relèvera directement de l’Europe. En attendant, la décision des autorités wallonnes représente pour le budget régional un investissement que son exécutif a chiffré à 40-60 millions d’euros sur la période. "Cette décision s’inscrit dans le cadre des discussions entreprises avec ArcelorMittal en vue de garantir la réalisation de leur plan d’investissement de 110 millions d’euros sur le site. Ce plan porte sur des investissements de nature économique et en matière d’efficience énergétique et environnementale. Le plan constitue la meilleure garantie du maintien de l’activité du site liégeois au-delà de 2012", a indiqué le gouvernement wallon dans un communiqué.

La décision de l’exécutif régional assure le redémarrage du haut-fourneau B (HFB) d’Ougrée (Seraing) fixé au 12 avril prochain. Celui-ci est à l’arrêt depuis mai 2009. Sa relance devrait entraîner la création d’environ un millier d’emplois directs et indirects dont 363 emplois équivalent temps plein chez ArcelorMittal à Liège. "La décision du gouvernement wallon est une bonne nouvelle pour la région liégeoise et elle rencontre nos revendications dans le cadre du redémarrage du chaud", nous a confié Jordan Atanasof, secrétaire régional de la CSC-Métal (Liège-Huy-Waremme). Il espère que les quotas octroyés décideront le groupe à relancer le HF6 dès que la conjoncture le permettra. Même ton de satisfaction chez les dirigeants du Setca. "Cette décision reste dans la ligne de ce qu’on souhaite pour le bassin de Liège", a renchéri Egidio Di Panfilo, le secrétaire régional du Setca-Liège.

La décision du gouvernement wallon passe pour une victoire syndicale, principalement de la CSC-Métal. Celle-ci avait interpellé jeudi matin les ministres CDH Marie-dominique Simonet (Communauté française) et André Antoine (Région wallonne). Ce dernier avait indiqué que la Région ne consentira à son effort que si ArcelorMittal s’engage à respecter ses promesses d’investissement et de création d’emplois. Sans oublier la protection des sous-traitants. Visiblement, les autorités wallonnes ont eu leur apaisement.

ArcelorMittal a aussi marqué sa satisfaction hier devant la décision du gouvernement wallon. Mais il a indiqué que même si les quotas sont octroyés pour la phase à chaud qui compte deux hauts-fourneaux, le marché ne permet actuellement que d’en faire fonctionner un seul.