"J'ai été informée du fait que Hitachi a l'intention de se retirer du projet de Wylfa Newydd. Cependant, je crois savoir que cette décision doit encore être actée demain", a déclaré Llinos Medi dans un communiqué reçu par l'AFP.

Un peu plus tôt dans la journée, plusieurs médias japonais avaient révélé qu'Hitachi avait décidé d'enterrer le projet, ce qui devrait être officiellement acté lors d'un conseil d'administration mercredi.

Hitachi avait une première fois jeté l'éponge en janvier 2019, renonçant à son projet de construire deux réacteurs nucléaires à Anglesey, dans le nord du Pays de Galles, l'estimant alors trop difficile à financer. Son coût est estimé jusqu'à 20 milliards de livres.

Cette centrale devait disposer d'une capacité de production de près de 3 gigawatts, soit 6% des besoins actuels en électricité du pays.

Mais cet été, le groupe japonais avait relancé les discussions avec les pouvoirs publics au Royaume-Uni et attendait la publication par le gouvernement de sa nouvelle stratégie énergétique qui pourrait comporter un nouveau modèle de financement pour le nucléaire.

Ce document n'a toujours pas été publié, ce qui n'empêche pas Hitachi de tirer un trait sur son projet.

Interrogés par l'AFP, le ministère de l'Industrie comme Hitachi n'ont pas souhaité faire de commentaires.

"Si la décision est confirmée, ce serait un coup dur énorme pour l'économie d'Anglesey", a pour sa part estimé Llinos Medi, qui va demander une réunion d'urgence avec les gouvernements britannique et gallois "pour discuter de l'avenir du site de Wylfa".

Ce retrait tomberait mal pour le gouvernement au moment où l'implication du chinois CGN dans plusieurs projets nucléaires suscitent des questions parmi les députés conservateurs, en pleines tensions économiques et diplomatiques avec Pékin.

CGN est notamment présent aux côtés du français EDF dans le développement d'Hinkley Point, la seule centrale nucléaire en cours de construction dans le pays.

Les différents projets doivent prendre le relais des centrales nucléaires construites au XXe siècle qui ont fermé ou sont sur le point d'arriver en fin de vie.

Le nucléaire fournit environ 20% de l'électricité dans le pays et les pouvoirs publics veulent maintenir cette part, notamment dans l'optique d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.