Home Mortgage Investment Corp., l'organisme de refinancement de prêts hypothécaires aux Etats-Unis en défaut sur ses paiements, a annoncé qu'il allait devoir licencier la quasi-totalité de ses 7 000 employés. En raison des difficultés sur le marché des prêts hypothécaires à risque (subprime), American Home a décidé de ne plus traiter de nouveaux dossiers de prêts et va réduire le nombre de ses employés de quelque 7 000 à 750. Les licenciements auront lieu dès ce samedi. "Les employés concernés doivent comprendre qu'il ne s'agit pas de leurs efforts et de leur productivité. Malheureusement, les conditions sur le marché du refinancement des prêts hypothécaires et du logement se sont détériorées au point qu'il n'y a pas d'autre alternative envisageable", a déclaré le patron du groupe Michael Strauss, cité dans un communiqué.

American Home avait déjà indiqué mardi qu'il était contraint de faire défaut sur des échéances financières. Cela avait entraîné un effondrement du cours de son action en Bourse qui avait perdu près de 90 pc sur une seule séance. Elle perdait encore plus de 40 pc dans les échanges électroniques de pré-séance vendredi et ne cotait plus que 0,75 dollar pour encore 10,46 dollars vendredi dernier.

La capitalisation boursière d'AHM qui était de 565 millions de dollars vendredi avait fondu à moins de 80 millions de dollars jeudi soir à New York.

Selon le dernier rapport annuel du groupe, American Home avait émis pour 59 milliards de dollars de prêts en 2006 et 45 milliards en 2005. La crise du marché du logement aux Etats-Unis a d'importantes répercussions sur les marchés financiers en raison du fait que, lors du boom des années 2000-2005, de nombreux prêts hypothécaires ont été consentis à des ménages à risque, dits "subprime", dont le profil financier n'était pas assez solide.

Avec la baisse du prix des logements et l'augmentation des taux d'intérêt ces emprunteurs se sont retrouvés dans l'impossibilité de rembourser et ont fait défaut. Comme leurs prêts avaient été titrisés et ont servi de socle à de nombreux produits dérivés, plusieurs banques, organismes de crédit et fonds spéculatifs se retrouvent aujourd'hui avec des portefeuilles dont la valeur a considérablement diminué. (AFP)

© La Libre Belgique 2007