Le géant chinois des télécoms Huawei va installer à Brumath, dans l'est de la France, un site de production de solutions technologiques de réseaux mobiles, sa première usine de ce type hors de Chine, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

Le site, qui représentera un investissement minimal de 200 millions d'euros et emploiera dans un premier temps 300 personnes, produira des équipements liés notamment à la technologie 5G à l'ensemble du marché européen.

Selon Huawei, l'usine de Brumath, petite ville située à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg qui dispose déjà d'une importante zone commerciale, devrait produire l'équivalent d'un milliard d'euros d'équipements par an.

"Avec cette usine implantée au carrefour de l'Europe, Huawei vient enrichir sa présence sur le continent déjà forte de 23 centres de R&D, plus de 100 universités partenaires, plus de 3 100 fournisseurs et d'une chaîne d'approvisionnement performante", a indiqué l'entreprise chinoise.

De quoi ravir Jean Rottner (Les Républicains, droite), président de la Région Grand Est, pour qui l'annonce de l'implantation de la première usine de production hors de Chine de Huawei à Brumath est "une excellente nouvelle qui témoigne de la dynamique économique de notre territoire transfrontalier".

"Attentive aux conditions d'installation"

Cette annonce intervient dans un contexte difficile pour le groupe chinois, sur fond de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. L'administration du président sortant Donald Trump a mis en avant un risque d'espionnage pour le compte du gouvernement chinois.

Les Etats-Unis ont appelé de nombreux pays, notamment européens, à ne pas utiliser les infrastructures Huawei pour le déploiement du nouveau réseau téléphonique 5G.

Si la France n'a jamais explicitement franchi le pas, le Royaume-Uni et la Suède sont les deux pays européens à avoir officiellement exclu l'équipementier du réseau mobile de dernière génération.

"Conscientes de la volonté manifeste de Huawei de s'implanter dans notre département, nous avons adressé au Premier ministre et à la Commission européenne un certain nombre de questions relatives à la sécurité et à la souveraineté économique, largement partagées par nos concitoyens", avait réagi dès mercredi la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (EELV, écologiste).

"En responsabilité, je serai attentive aux conditions d'installation de Huawei à Brumath et à ses conséquences sur le territoire", avait-elle ajouté.

De Paris à Nantes, qui ont lancé des consultations citoyennes, en passant par Grenoble et Lille, davantage en faveur d'un moratoire, la prudence des élus de gauche ou écologistes des grandes villes françaises l'emporte sur un déploiement rapide de la nouvelle génération de réseaux mobiles.