Les révélations du Washington Post ne vont certainement pas améliorer l’image de Huawei auprès des Américains et des Européens : des documents obtenus par le journal montrent, en effet, que le géant chinois des télécommunications a secrètement aidé le gouvernement nord-coréen à mettre en place et entretenir son réseau internet sans fil de troisième génération.

C’est à l’occasion d’une visite à Shenzhen, où se trouve le siège de Huawei, dans le sud de la Chine, de Kim Jong-il, le père de Kim Jong-un et son prédécesseur à la tête du régime nord-coréen, que l’accord a été scellé en 2006. Huawei s’est alors associé à une entreprise d’État chinoise spécialisée dans les technologies de l’information, Panda, pour fournir le matériel nécessaire à la création de Koryolink, deux ans plus tard.

Géré sous la forme d’une joint-venture entre la société étatique nord-coréenne des Postes et Télécommunications et Orascom, une entreprise égyptienne rachetée en 2011 par le russe Vimpelcom, Koryolink est ainsi devenu l’opérateur 3G dans le pays le plus fermé de la planète. À côté d’un service classique pour ses clients ordinaires, Koryolink a garanti des communications cryptées pour les dirigeants du pays.

Toute la question est désormais de savoir si, en travaillant pour la Corée du Nord, Huawei a violé les sanctions américaines - comme l’entreprise est accusée de l’avoir fait avec l’Iran. Ses responsables mesuraient, à tout le moins, le caractère sensible de cette relation d’affaires puisque, dans les documents internes de l’entreprise, la Corée du Nord n’est jamais mentionnée que par son nom de code : A9.