Le journal Les Echos a épinglé que, dans le dernier rapport d'évaluation des risques liés à la 5G, l'Union européenne appelle à "la vigilance sur les fournisseurs de matériel, particulièrement ceux liés à un pays tiers non démocratique".

Rien de bien particulier dans ce type de document sauf que derrière l'appellation "pays tiers non démocratique" se cacherait la Chine, le fournisseur de matériel n'est autre que le géant Huawei.

Le document de 33 pages publié par la Commission européenne évoque, notamment, les risques d'un déploiement de la 5G sur la sécurité informatique.

En effet, les données qui transiteront via les réseaux 5G doivent l'être de façon sécurisée."Des milliards d'objets et de systèmes connectés sont concernés, y compris dans des secteurs critiques comme l'énergie, la santé ou la banque", a rappelé Mariya Gabriel, la commissaire à l'Innovation. Et les menaces les plus sérieuses proviendraient d'acteurs étatiques non européens et des fournisseurs qui sont liés à ces pays.

Le journal qui estime que le vocabulaire utilisé par les institutions européennes est évasif mais ne peut que cibler l'entreprise chinoise. Dans le rapport, on dénote notamment que l'UE appelle à la vigilance face aux "fournisseurs ayant des liens forts avec le gouvernement, lorsque sa structure actionnariale est particulière ou s'il opère dans un pays où les contre-pouvoirs démocratiques sont inexistants". Difficile, selon les Echos, de ne pas y voir le portrait en creux de Huawei.

Il est vrai qu'entre les accusations d'espionnage lancées par Donald Trump, les secousses liées à la guerre commerciale avec Washington ou encore les craintes du Royaume-Uni de voir Huawei être lié à la mise en place de la 5G à Londres, force est de constater que la marque n'est pas la préférée des grandes diplomaties.

Persona non grata signifie littéralement qu'une personne n'est pas la bienvenue dans un pays. La formule est généralement utilisée pour évoquer une personnalité mais elle peut clairement être aposée, ici, pour la marque Huawei.