Plusieurs milliers d'emplois sont menacés en Europe, dont plus de 200 en Belgique. Ce plan social d'ampleur inégalée, annoncé début novembre en comité européen sans chiffres précis pour la France, est un "PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) mixte, qui doit être présenté officiellement aux organisations syndicales le 16 décembre, avec un plan de départs volontaires mais aussi sans doute des licenciements s'il n'y a pas assez de volontaires", a expliqué à l'AFP Pierry Poquet, délégué syndical central Unsa (1er syndicat).

La CFE-CGC (2e), qui confirme ces informations, a interpellé mercredi dans un communiqué la nouvelle présidente d'IBM France, Béatrice Kosowsky, afin de lui "demander des garanties face à l'ampleur des restructurations".

Ces suppressions de postes s'inscrivent dans une restructuration mondiale d'IBM qui touche "plus de 20% des effectifs en Europe, soit 7.700 personnes", selon l'Unsa, "jusqu'à 25%", selon la CFE-CGC.

Interrogée par l'AFP, la direction d'IBM France a indiqué que ses "décisions en matière de personnel sont prises afin de fournir le meilleur accompagnement à (ses) clients dans l'adoption d'une plateforme de cloud hybride ouverte et de capacités d'IA" (intelligence artificielle).

"Cette réduction de près du quart des effectifs va avoir lieu avant la réorganisation majeure annoncée par Arwind Krishna, CEO d'IBM Corp, concernant la scission d'IBM en deux sociétés distinctes d'ici fin 2021", explique la CFE-CGC.

"Cette scission entre d'un côté, NewCo, qui reprendra les activités d'infogérance (service d'infrastructure, NDLR) et de l'autre, RemainCo, prévoit un transfert d'environ un millier de postes en France vers la nouvelle structure", a expliqué Frank Setruk, délégué syndical central CFE-CGC à l'AFP. Ce qui pourrait conduire, selon lui, à la "réduction de près de 50% des 5.000 effectifs actuels d'IBM France"

Dans notre pays, le syndicat chrétien CNE avait prêté début novembre à la direction d'IBM Belgique l'intention de licencier près d'un travailleur sur cinq, soit jusqu'à 206 personnes. Les syndicats n'avaient pas caché leur (mauvaise) surprise alors que selon la direction, les activités belges ont enregistré trois trimestres consécutifs de croissance et des commandes records.