Le groupe américain IBM a annoncé mercredi après la clôture de Wall Street la suppression de 10000 à 13000 emplois soit 3 à 4pc de ses effectifs mondiaux, principalement en Europe où la croissance anémique pèse sur les performances de sa méga-division de services informatiques.

IBM a précisé jeudi que la majeure partie des suppressions d'emplois prévues auraient lieu pour la majeure partie en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en France. Les Etats-Unis seront également touchés a précisé le directeur financier du groupe informatique, Mark Loughridge, lors d'une téléconférence. L'essentiel des départs s'effectuera sur la base du volontariat en Europe mais il y aura des licenciements, notamment aux Etats-Unis, a-t-il poursuivi.

IBM en attend 300 à 500 millions de dollars d'économies au second semestre de cette année et un milliard, voire davantage, l'an prochain.

Dans les échanges électroniques après la clôture de mercredi, le titre prenait 1,05pc à 77,89USD. L'annonce n'est qu'une demi-surprise. «Cela ne devrait vraiment pas surprendre, a réagi à chaud Bob Djurdjevic, du cabinet d'études Annex Research. Ce dont il s'agit vraiment c'est de réduire les coûts et centraliser les efforts en Europe. C'est une bonne chose d'enlever des couches de bureaucratie », a-t-il ajouté.

Les suppressions d'emplois s'inscrivent dans un plan de restructuration visant à mieux «intégrer les activités au niveau mondial mais aussi faire face aux problèmes de rentabilité dans les régions à croissance moins forte, en particulier en Europe », a expliqué IBM.

Le groupe entend «devenir plus efficace, renforcer ses activités liées directement aux clients et se saisir d'opportunités sur les marchés à forte croissance », souligne le communiqué.

Déjà le mois dernier, au lendemain de résultats trimestriels décevants qui avaient affolé les Bourses mondiales, les commentaires des analystes et du groupe lui-même avaient pointé une demande sans relief en Europe occidentale, en particulier pour les services qui assurent autour de 40pc du chiffre d'affaires.

Pour payer la restructuration, IBM va mettre de côté entre 1,3 et 1,7 milliard de dollars au cours du 2etrimestre, ce qui pèsera d'autant sur son résultat net. Le groupe compte engranger les premiers bénéfices de son plan de redressement durant le 2esemestre de l'année.

© La Libre Belgique 2005