“Je suis entrepreneur autodidacte. J’ai eu une ‘carrière scolaire’ assez chaotique… mais cela ne m’a pas empêché de développer plusieurs entreprises dans le digital, les technologies, le développement informatique mais aussi en conseil et même dans les finances”. Ibrahim Ouassari, bien qu’un brin hésitant mais le sourire jusqu’aux oreilles, sait comment se présenter à l’assemblée générale des actionnaires de Proximus, après deux heures de conférence virtuelle. 

L’homme, assez connu dans le milieu “tech” bruxellois, vient donc d’être nommé administrateur. “J’espère pouvoir impacter, avec un profil un peu plus atypique que d’habitude”, ajoute d’ailleurs celui qui a cofondé, avec Julie Foulon, Molengeek.

Digital pour tous

C'est cette association lancée à Molenbeek en 2015, qui a pour objectif de mettre en place un “écosystème qui favorise l’accès au digital à tous” comme il le dit lui-même, qui lui a permis de se faire connaître. L’ASBL récupère, entre autres, des ordinateurs auprès d’entreprises pour les reconditionner et les mettre à disposition d’étudiants aux revenus modérés. Elle propose également des formations de codage, de design et de marketing… 

MolenGeek a d’ailleurs été saluée au niveau international et soutenue par diverses entreprises, dont Samsung et Google. Depuis, deux autres antennes ont été ouvertes en Belgique et ce qui est désormais devenu “un incubateur à start-up” a également fait des petits en Italie et aux Pays-Bas.

Nouvelle étape

Un succès donc pour Ibrahim Ouassari, et une nouvelle étape. “C’est un honneur de me présenter à vous. Le digital a bouleversé ma vie et Proximus est un fleuron de l’industrie digitale en Belgique”, a-t-il conclu lors de sa présentation. 

Il était le seul nouvel administrateur présenté lors de l’assemblée, alors que l’entrepreneur Pierre Demuelenaere et l’ancien commissaire européen Karel De Gucht ont vu leur mandat renouvelé. Pour rappel, chez Proximus, un administrateur perçoit une indemnité de 25 000 euros chaque année ainsi qu’un jeton de présence de 5000 euros par réunion du conseil d’administration auquel il participe, et 2 500 euros par réunion d’un comité consultatif.

Le choix d'Ibrahim Ouassari a été motivé par le MR, qui disposait d'une voix, puisque l'opérateur public doit respecter un quota de représentativité politique, tient à nous préciser le président du parti Georges-Louis Bouchez. "La créativité de Monsieur Ouassari permet d'apporter du nouveau, de l'innovation, et de bousculer un peu les choses", commente-t-il.