Ikea, modèle à démonter selon Oxfam

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A.Ma.

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Le point de départ de la campagne sur Ikea est un questionnement sur le modèle de développement que génèrent les multinationales”, entame Denis Lambert, secrétaire général d’Oxfam-Magasins du Monde en Belgique à l’origine de la campagne présentée ,jeudi, et coïncidant avec les 30 ans de l’asbl (voir épinglé). Une campagne qui interroge sur les pratiques d’achat et leur impact sur les conditions sociales et environnementales.

Le slogan : “Ikea, des modèles à monter, un modèle à démonter.” A la clé, “le droit de savoir si Ikea garantit un salaire décent aux travailleurs du Sud et le choix de consommer moins et mieux”.

Pourquoi Ikea ? “Parce que c’est un symbole de la mondialisation mais aussi de notre consommation”,a continué Denis Lambert. A l’appui, un livre, “Ikea : un modèle à démonter” paru aux éditions Luc Pire, soit une enquête auprès de 11 des 1300 fournisseurs du géant de l’ameublement, au Bangladesh, en Inde et au Vietnam. “Chez les fournisseurs directs, le bilan est contrasté”, a résumé Jean-Marc Caudron, un des trois auteurs du livre, aux côtés de Denis Lambert et d’Olivier Bailly. “Le positif : il n’y a plus de travail des enfants, pas de travail forcé et les conditions physiques de travail dans les entreprises sont assez bonnes avec, par exemple, des toilettes séparées ou l’accès à l’eau potable. Le principal point noir : les heures de travail, en moyenne 80 à 90 heures par semaine.

” Mais aussi la question de la liberté syndicale, le harcèlement, etc. “Le point essentiel, c’est le salaire”, ajoute-t-il. “Ikea veut respecter le salaire minimum légal. Or, on se rend compte que ce minimum légal n’est pas le minimum vital. Est-ce qu’avec les normes qu’Ikea exige, avec moins de 2 dollars par jour, on peut survivre ?” Pratiquement, les représentants d’Oxfam ont rencontré quatre fois des responsables d’Ikea Belgium et les ont tenus au courant de leurs travaux. “On nous a répondu en boucle sur le code de conduite Ikea Way.”

Dont la mise en application a deux limites, selon Oxfam : la responsabilité d’Ikea devrait être engagée sur l’ensemble de la filière de sous-traitance et les pratiques d’achat à bas prix rendent souvent difficile, voire impossible, la mise en œuvre du code. “Cela ramène à la question qu’on pose depuis 30 ans : est-ce que nous, les consommateurs, sommes prêts à mettre le prix ?”, conclut Denis Lambert.Dans un communiqué publié jeudi, Ikea a évoqué son code de conduite et précisé “faire le maximum pour vendre ses produits aux prix les plus bas, mais pas à n’importe quel prix”. “Nous avons accompli un chemin important mais il y a encore beaucoup de choses à faire, il s’agit d’un processus permanent qui comporte encore certainement de nombreuses étapes”, a notamment souligné le géant.

Une nouvelle rencontre est prévue le 28 septembre avec le responsable suédois des programmes sociaux et environnementaux.

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