Le conflit qui couve depuis plusieurs semaines chez Ikea Belgique s’est cristallisé. Parce que la discussion a tourné court, jeudi, et que les représentants syndicaux et la direction se sont une fois de plus séparés en désaccord, le dossier a pris une allure plus radicale.

D’un côté, la direction a demandé une requête en conciliation auprès de la Fedis (fédération des entreprises de distribution). "Nous espérons que la commission paritaire pourra réconcilier le plus vite possible les points de vue convergents", souligne la Fedis par communiqué, en déplorant la manière dont les syndicats "ont rompu la concertation" et réagissant au préavis de grève déposé par les syndicats. Un arrêt de travail national, cette fois.

Le personnel des magasins d’Hognoul et, plus brièvement d’Arlon, a déjà débrayé. A Hognoul, d’ailleurs, les portes resteront fermées jusqu’à mardi, date de la réunion de conciliation. C’est de là qu’est parti le problème. En cause: la mise en œuvre d’un "plan d’action pour l’avenir".

Ce dernier comporte trois volets principaux. D’abord, la stimulation des ventes avec poursuite des investissements (un planning commercial solide, la concentration des efforts du marketing sur l’augmentation de la fréquentation des magasins, la poursuite du travail d’expansion ). Deuxième axe: la réduction des coûts dans tous les cas possibles. Il s’agit de renégocier les contrats avec les partenaires externes et - ce qui pose le plus de problème s- d’adapter la capacité de travail à la réalité économie. Manifestement, le troisième axe, qui évoque la préservation de l’emploi et la stabilité de l’entreprise dans notre pays, n’est pas suffisamment rassurant. "C’est pourtant pour garantir l’emploi que l’entreprise propose de ne pas renouveler les contrats à durée déterminée et les contrats de remplacement, et de limiter les jobs d’étudiants", explique la direction d’Ikea Belgique, qui justifie sa décision par une fréquentation inférieure de 10 % aux attentes. "Et moins de visiteurs représentent moins d’enfants au service de garde des enfants, moins de questions concernant les clients, moins d’offres à faire, moins de stocks à mettre à jour ". A Hognoul, 16 collaborateurs sont concernés (6 contrats à durée déterminée et 10 contrats de remplacement) sur 394 collaborateurs. De leur côté, les syndicats parlent de "surcharge inacceptable de travail". D’où le préavis qui arrive à échéance dans quinze jours.