Dominique Leroy, la patronne de Belgacom, était l’invitée du Cercle de Lorraine ce vendredi. Après un discours attendu sur les défis de l’entreprise, elle s’est livrée à quelques confidences sur la façon dont elle est entrée dans son costume de CEO. "J’ai apporté un nouveau style de leadership qui permet de redynamiser une société différemment, a-t-elle expliqué. Etre proche des gens, aller régulièrement sur le terrain. Je discute avec les installateurs, les clients, les gens du call center…"

La CEO estime également que son passé chez Unilever lui servira pour relancer la croissance chez l’ancien monopole, dont le cash-flow est passé de 1,4 milliard à 500 millions d’euros ces dernières années. "Une société qui décroît est une société qui meurt […] Belgacom avait l’habitude d’évoluer dans un marché en croissance exponentielle. Quand le marché des télécoms est devenu mature, ça a été compliqué en interne de trouver les bonnes méthodes, a-t-elle déclaré. Grâce à mon expérience chez Unilever, j’ai apporté ma vision sur la façon de créer de la valeur dans un marché mature."

"J’ai apporté un regard neuf"

Selon la CEO, Belgacom avait surtout besoin de dépoussiérer son image et de progresser au niveau marketing. "J’ai apporté un regard neuf, une certaine naïveté, a-t-elle confié. Parfois, des ingénieurs viennent m’expliquer leur innovation avec des mots compliqués pour montrer qu’ils sont intelligents. Je fais exprès de dire que s’ils n’arrivent pas à expliquer simplement en quoi consiste leur innovation, comment voulez-vous que les gens comprennent ?"

Sans vouloir "polémiquer", Dominique Leroy a aussi décoché quelques flèches en direction de ses concurrents du câble, suite à l’accord passé entre Belgacom et Netflix.

"On ne doit pas avoir peur de Netflix, a-t-elle lancé. On devait le proposer à nos clients car ils sont demandeurs de ce genre de contenus. Bien sûr, il y a des challenges au niveau du réseau. Aux Etats-Unis, Netflix utilise 30 % de la bande passante aux heures de pointe. Mais nous sommes persuadés que notre configuration réseau permet de faire face à cela. Contrairement au câble, notre réseau n’est pas partagé entre les utilisateurs. C’est peut-être pour ça que nous avons eu moins peur de passer un accord avec Netflix."

En outre, la CEO a répété que Belgacom n’avait pas vocation à "investir dans le contenu" mais à donner accès au contenu. Selon elle, l’entreprise doit notamment s’améliorer au niveau de la mobilité du personnel et de l’innovation. "Chez Belgacom, l’innovation est exclusivement interne, a-t-elle expliqué. On doit s’ouvrir au monde extérieur."