Même si le coup était attendu car annoncé à de multiples reprises, il n’en reste pas moins rude pour la Belgique toute entière, même si la Flandre se retrouve en première ligne. La fermeture confirmée du site Opel d’Anvers, avec à la clé plusieurs milliers d’emplois sacrifiés, est un choc social sans précédent depuis la faillite de la Sabena. Dans le contexte actuel de crise, il s’assimile à un véritable coup de massue. Cette fermeture traduit en fait une double impuissance. Primo, celle du politique à encore pouvoir peser sur le cours des événements dans une économie mondialisée, toujours prompt à attirer des multinationales à coups d’aides et autres avantages mais finalement cantonné dans un rôle de spectateur dès lors que sonne l’heure de la restructuration ou des promesses oubliées. Secundo, celle d’une Europe incapable de transcender en son sein les égoïsmes nationaux pour opposer aux diktats ou aux chantages des toutes grandes entreprises une réponse sociale cohérente et concertée dans l’intérêt général. Mais cette fermeture, au-delà de la nécessité d’œuvrer à un accompagnement social digne de ce nom pour les milliers de salariés concernés, doit également nous inciter à réfléchir collectivement - entreprises, autorités et syndicats - à la mise en place d’une nouvelle stratégie économique pour ce pays. Basée sur l’innovation, la recherche et le développement de filières d’avenir, porteuses d’emplois durables. A ce titre, l’avertissement "Opel Anvers" est clair.