Le brasseur belgo-brésilien Inbev a annoncé mercredi la hausse moyenne de 3% de ses prix à partir du 1er février prochain à la suite de l'augmentation structurelle des prix des matières premières. Cette hausse de prix s'applique tant aux fûts, qu'aux casiers et aux canettes, a-t-on appris dans un communiqué d'Inbev. Seule la blanche de Hoegaarden échappe à l'augmentation.

Cette hausse de prix des matières premières est un phénomène auquel l'ensemble du secteur alimentaire est confronté: le prix des matériaux de conditionnement, surtout le verre et l'aluminium, augmente en raison de la hausse du prix de l'énergie, explique Inbev dans un communiqué, soulignant que la hausse couvre uniquement l'augmentation des coûts.

Les 3% de hausse constituent une valeur moyenne, qui ne différera guère selon qu'il s'agisse de bouteilles et canettes (consommation privée) ou de fûts (Horeca). Mais des différences entre marques seront sensibles; ainsi, la Jupiler en bouteille et canette augmentera de 3,5%, dit-on chez Inbev.

Cette nouvelle hausse provoque une vive réaction auprès des cafetiers. "C'est une catastrophe! ", a commenté la présidente des cafetiers du secteur Horeca wallon, Yvette Mooten. Selon elle, depuis fin 2004, le prix de la bière d'Inbev a augmenté de plus de 20%, sans compter l'"affaire des nouveaux verres" (Inbev a remplacé les anciens verres de Jupiler par des verres qui, selon les cafetiers, leur fait perdre une quantité appréciable de bière).

La politique de communication du groupe belgo-brésilien est également mise en cause: à l'occasion d'une précédente augmentation de prix au début de l'été, Inbev n'a pas augmenté celui des fûts, déclarant vouloir aider le secteur Horeca. Mais cette fois, il augmente les fûts... tout en pratiquant une nouvelle augmentation des produits en bouteille et en canette, dénonce encore la présidente.

Selon elle, les cafetiers n'ont d'autre solution que de répercuter le prix à la clientèle, alors même que le secteur Horeca doit déjà faire face à une crise grave, confronté à l'interdiction de fumer, aux contrôles alimentaires (AFSCA) et autres avatars comme les bacs de bière vendus moins chère dans les supermarchés que le prix payé par les cafetiers.

Tout cela mène, selon la présidente, à la perte de clientèle et à des clients qui se tournent de plus en plus vers le vin.

Fin septembre, alors que des hausse étaient annoncées chez d'autres brasseurs, Inbev avait déclaré ne pas avoir l'intention d'augmenter à court terme le prix de ses bières en Belgique, tout en affirmant "tenir à l'oeil" le prix des matières premières.

Alken-Maes, deuxième groupe brassicole en Belgique, a récemment augmenté le prix de ses bouteilles, avant d'augmenter celui de ses fûts.