Le grand nettoyage social continue chez InBev. Après avoir supprimé 40 emplois dans son quartier général de Louvain et annoncé la suppression de 232 emplois dans sa filiale belge, le géant brassicole sabre dans l'emploi en France. Mercredi, il a annoncé un plan de restructuration touchant les fonctions administratives, commerciales et de distribution de sa filiale française, dont le siège est situé à Armentières (Lille). Celui-ci se soldera par la suppression de 303 postes dont 184 reclassements, soit un solde net de 119 pertes d'emplois sur un total actuellement de 1600.

«Malgré les mesures déjà prises ces dernières années (comme la fermeture des brasseries, NdlR) pour contrecarrer la baisse structurelle du marché, la situation financière d'InBev France continue de se dégrader. Les mauvais résultats enregistrés en 2005 ne lui permettent plus de dégager les marges nécessaires pour assurer son développement et investir», justifie Sarah Lempereur, responsable de la communication chez InBev France. En 2004, son chiffre d'affaires consolidé s'élevait à 464,7 millions d'euros.

En 25 ans, la consommation de bière a reculé de 25 pc dans l'Hexagone, une situation comparable à celle de la Belgique, pour devenir l'une des plus faibles d'Europe. D'après InBev France, un autre facteur motive également ce projet de réorganisation: «avec seulement 9,5 pc de parts de marché, InBev France se trouve confrontée à une situation délicate de duopole de la part de ses concurrents (Scottish & Newcastle via la Kronenbourg et Heineken, NdlR)». Dans ces conditions, la filiale française du numéro un mondial (en volumes) estime «devoir simplifier et rationaliser ses structures pour assurer la pérennité d'InBev France».

La France ne devrait malheureusement pas être la dernière victime de la nouvelle politique de chasse aux coûts d'InBev. D'après Marc Leemans, analyste financier à la Banque Degroof, il faut s'attendre à d'autres restructurations en Europe occidentale, où les marchés sont en déclin. En Allemagne notamment où le groupe a racheté plusieurs brasseries mais aussi aux Pays-Bas. D'autant que le directeur financier brésilien Felipe Dutra n'a de cesse de répéter aux marchés que la gestion stricte des coûts est désormais «un processus continu» au sein du groupe belgo-brésilien.

Hier, après l'annonce de cette nouvelle coupe dans l'emploi, l'action d'InBev a gagné 2,56 pc à 36,90 euros. Visiblement, le marché apprécie la stratégie de chasse aux coûts d'InBev. Dont l'objectif est d'atteindre une marge bénéficiaire de 30 pc à l'horizon 2007. Et qui fait le bonheur des actionnaires: l'action a gagné 34 pc depuis un an.

© La Libre Belgique 2005