Avec les annonces de suppressions d'emplois, la nouvelle hausse du prix de la bière, l'enquête du Conseil de la Concurrence sur un éventuel abus de position dominante, InBev ne s'est pas fait beaucoup d'amis ces derniers mois en Belgique. Bien au contraire. Aussi, Sabine Sagaert, la nouvelle responsable d'InBev Belgique a-t-elle tenté, lundi, de calmer le jeu. Profitant de la fin de la phase de consultations relative à la suppression de 381 postes de travail en Belgique, Sabine Sagaert a commenté la situation de la filiale belge. «La phase de consultation a pris beaucoup de temps car nous avons voulu respecter nos partenaires sociaux, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse téléphonique. Nous désirons à présent commencer au plus tôt les négociations sur le plan social. Nous ferons tout pour limiter le nombre de licenciements, en replaçant un maximum de personnes en interne et en reconvertissant le personnel.» Sabine Sagaert, qui n'a pas voulu avancer de chiffres, promet également un plan d'accompagnement social «adapté» aux travailleurs qui perdront leur emploi et de les «aider dans la recherche d'un nouveau travail».

Pour la patronne d'InBev Belgique, la restructuration qui frappe la Belgique est «essentielle pour éviter de devoir prendre des mesures drastiques à l'avenir et consolider l'emploi dans un marché en déclin». Et de rappeler que le marché en Belgique a diminué de 10 pc au cours de ces dix dernières années. «InBev n'est pas le seul brasseur à restructurer».

Admettant «un problème d'image», Sabine Sagaert a assuré que les ventes n'avaient pas subi d'impact suite aux nombreuses critiques. «Nos chiffres du 1 éme rtrimestre sont en ligne avec nos attentes.»

La responsable du leader du marché veut aussi rétablir le dialogue avec le secteur de l'Horeca. Les cafetiers ont, en effet, fustigé la dernière annonce de l'augmentation des prix. «Mes équipes ou moi-même allons aller sur le terrain rencontrer les cafetiers et répondre à leurs questions», a-t-elle promis. Du côté des syndicats, on déplore l'absence de contact avec la patronne. «Nous ne l'avons toujours pas rencontrée, nous allons encore lire ses explications dans la presse», regrette Marc Sparmont du SETCa.

Par ailleurs, le personnel d'InBev a adressé, lundi, une lettre ouverte aux actionnaires belges du groupe les appelant à poser «des actes forts et à ramener InBev sur la voie d'une entreprise éthique autant que profitable». Celle-ci fait suite à une première missive envoyée aux mêmes actionnaires par les syndicats (LLB du 7/4). Une délégation de travailleurs se rendra ce mardi à l'assemblée générale des actionnaires d'InBev à Bruxelles avec l'espoir d'avoir une entrevue avec les actionnaires familiaux.

© La Libre Belgique 2006