D'après le Wall Street Journal de ce jeudi, selon un document interne à la FAA - régulateur américain chargé de l'aviation - et datant d'août 2020, Boeing avait décidé "de remanier le capot de soufflante (du moteur du 777) au lieu d'essayer de modifier les capots de soufflante existants pour répondre à la fois aux problèmes de résistance structurelle" et aux problèmes d'humidité.

Le constructeur "va fabriquer de nouveaux capots de soufflante et fournira des instructions aux exploitants (des 777) pour retirer et remplacer" les capots existants, est-il ajouté dans le document.

Peu après le décollage d'un vol de United Airlines devant relier Denver et Honolulu samedi dernier, un moteur de l'appareil a pris feu, probablement suite à un problème sur les pales de la soufflante selon les premières constatations de l'enquête. Une pluie de débris est dans la foulée tombée au sol, dans une zone résidentielle, dont une partie du capot du moteur.

D'autres incidents impliquant ce moteur spécifique, fabriqué par Pratt & Whitney, avaient déjà eu lieu, en 2018 sur un vol de United Airlines et en décembre 2020 sur un vol de Japan Airlines.

Des discussions depuis deux ans

Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, Boeing et la FAA discutaient des façons d'éventuellement apporter des modifications aux capots des moteurs du 777 depuis environ deux ans après l'incident sur le vol de United Airlines en 2018 et un autre sur un Boeing 737 de Southwest Airlines la même année.

Sans confirmer ou nier l'existence de ces discussions, la FAA a indiqué dans un message jeudi être "en contact permanent avec les constructeurs pour améliorer sans cesse la sécurité".

"Toute modification proposée sur la conception d'un élément crucial de la structure doit être soigneusement évaluée et testée pour s'assurer qu'elle offre un niveau de sécurité équivalent ou amélioré et n'introduit pas de risques involontaires", a ajouté le régulateur.

Boeing n'a pas non plus souhaité s'exprimer sur ces discussions, indiquant seulement que l'entreprise continuerait à suivre les consignes de la FAA.

La FAA a déjà ordonné mardi un examen approfondi des pales des moteurs de Boeing 777 similaires à celui impliqué dans l'incident survenu samedi sur un vol de la compagnie United Airlines avant qu'ils puissent revoler.

L'inspection par imagerie thermo-acoustique requise par le régulateur doit permettre de détecter d'éventuelles fissures invisibles à l’œil nu.