Le fondateur de la deuxième compagnie aérienne indienne Jet Airways, en grande difficulté avec une dette de plus d'un milliard de dollars, a démissionné lundi de la présidence de son conseil d'administration, a annoncé la société dans un communiqué.

"M. Naresh Goyal cessera (...) d'être le président de la société", a indiqué Jet Airways dans une décision qui fait suite à des négociations entre l'entreprise, au bord de la faillite, et ses créanciers. Il ne sera plus membre du conseil d'administration.

Le consortium de créanciers de Jet Airways, emmené par l'établissement public State Bank of India (SBI), va également injecter 15 milliards de roupies (192 millions d'euros) dans l'entreprise via des instruments d'endettement.

Selon la presse indienne, la part de M. Goyal, qui a lancé Jet Airways en 1993 peu après la libéralisation de l'économie indienne, va être réduite de moitié, passant de 50,1 à 25,5%.

Les créanciers de la compagnie vont eux recevoir 114 millions d'actions en conversion de dette, selon le communiqué.

Le conseil d'administration a également voté l'installation d'une direction temporaire de gestion de crise, ainsi que le lancement d'un processus de vente aux enchères d'actions pour attirer de nouveaux investisseurs.

Jet Airways, qui emploie plus de 20.000 personnes, n'a plus qu'un quart de sa flotte de 119 appareils encore en activité, n'étant pas parvenue à payer les échéances de crédit-bail de ses avions. Elle a annulé des dizaines de vols ces derniers jours.

La compagnie aérienne dit avoir été fragilisée par les fluctuations des cours pétroliers, la faiblesse de la roupie et une concurrence féroce de ses rivaux "low cost".

Le nombre de passagers aériens en Inde a été multiplié par six au cours de la dernière décennie, la classe moyenne profitant de meilleures connexions et de vols moins chers. Une croissance qui devrait faire du secteur aérien du pays le troisième plus vaste au monde d'ici 2025.