Indicateurs pessimistes en cascade

Entreprises & Start-up

Ph.G. (avec AFP, Reuters)

Publié le

Indicateurs pessimistes en cascade
© AP

La conjoncture est plus morose que jamais dans la zone euro. Ou à tout le moins est-on revenu à des niveaux de statistiques que l'on n'avait plus connus depuis les années qui ont suivi l'éclatement de la bulle des valeurs technologiques, en 2000. Cette semaine, plusieurs indicateurs ont montré que l'économie européenne subissait bel et bien le contrecoup de la crise financière née aux Etats-Unis et de la récente flambée des prix de l'or noir, même si, à cet égard, on assiste à une accalmie ces derniers jours.

Vendredi, à Paris, l'Insee, l'Institut national de la statistique et des études économiques, a publié l'enquête mensuelle de conjoncture dans le secteur des services français. Il en ressort qu'en juillet, le climat des affaires dans ce secteur s'est fortement dégradé. L'indicateur synthétique qui résume l'opinion des chefs d'entreprise sur la conjoncture dans les services a chuté de sept points à 94, un plus bas depuis septembre 2003 (il était alors à 93) et sous sa moyenne de long terme qui est 100. Le chiffre de juin a été révisé en hausse d'un point à 101.

Allemagne touchée aussi

Ce résultat confirme l'enquête Markit/Cdaf auprès des directeurs d'achat (PMI) publiée jeudi et qui faisait état d'une contraction dans les services en juillet en France, pour la première fois depuis cinq ans. "Les entrepreneurs prévoient une baisse sensible de la demande au cours des prochains mois", dit l'Insee dans un communiqué.

En Allemagne également, divers symptômes montrent que l'économie ne se porte pas très bien en ce moment. Vendredi, l'Office fédéral des statistiques a annoncé que les prix à l'importation allemands avaient affiché en juin une hausse de 8,9 pc en glissement annuel, soit le taux le plus élevé depuis novembre 2000. Cette situation est alimentée par la flambée des prix de l'énergie, précise l'Office fédéral. Sur un mois, de mai à juin, la hausse a atteint 1,5 pc, selon son communiqué. Or, la plupart des analystes prévoyaient une hausse de moindre ampleur, à savoir de 8,4 pc en rythme annuel.

"La hausse annuelle de l'énergie a été particulièrement forte en juin avec un taux de 45 pc", a relevé l'Office des statistiques. Le prix du charbon importé a par exemple augmenté de 60,3 pc entre juin 2007 et juin 2008, tandis que celui du pétrole brut prenait 58,4 pc, et celui du gaz naturel 44,8 pc. Si le prix du minerai de fer a encore affiché en juin une hausse de 40,8 pc en glissement annuel, en revanche celui des métaux non ferreux (plomb, zinc, nickel) a baissé. Ces statistiques confortent le scénario d'une inflation se maintenant à un niveau élevé en Allemagne, et allant de pair avec un fort ralentissement conjoncturel.

Pour ne rien arranger, jeudi, le plus important baromètre de conjoncture allemand, l'Ifo, qui mesure la confiance des entrepreneurs, était tombé au plus bas depuis trois ans, ce qui renforce les prévisions d'un ralentissement économique accru dans les mois à venir. En parallèle, l'indice composite des directeurs d'achat (PMI) pour le secteur manufacturier et les services de la zone euro est tombé à son plus bas niveau depuis novembre 2001. "L'affaiblissement de l'économie européenne est désormais palpable", ont commenté les analystes de Forex.com. Pour Boris Schlossberg de Dailyfx.com, "la psychologie a radicalement changé en défaveur de l'euro". En effet, la devise européenne est à la peine depuis quelques jours. Après un pic à 1,6038 dollar le 15 juillet dernier, l'euro est redescendu en dessous de 1,57 dollar.

A lire également

Libre ECO

Immobilier pour vous