Entreprises & Start-up Un nouveau mail, menaçant, a été adressé au personnel pour lui demander de se taire.

Le mail envoyé vendredi dernier par le CEO néerlandais du groupe ING n’a pas fait rire le plus cynique des travailleurs de l’entreprise. En effet, annoncer que de belles choses se profilaient pour les employés de la banque et laisser entrevoir des augmentations alors que c’est un plan Renault qui était déposé sur la table le lundi, ce n’est assurément pas faire preuve de la plus grande forme de délicatesse.

Hier, c’est un nouveau mail qui était adressé au personnel, sur un ton plutôt menaçant. Il y est chaleureusement recommandé de ne pas s’adresser à la presse et, si on y est confronté, de se limiter à un laconique "pas de commentaire". De même, il y est formellement déconseillé de poster le moindre commentaire négatif sur les réseaux sociaux. Et même de bloquer ceux qui y laisseraient un message peu amène vis-à-vis d’ING. Au pire, si on ne peut contrôler son profil et empêcher qu’il ne serve de défouloir aux anti-ING, la banque recommande tout simplement de le supprimer.

"Il est clair que la direction du groupe a un gros problème de communication. Le CEO néerlandais est très agressif et provocateur, là où son homologue belge essaie de se montrer plus tempéré et cordial. Ce n’est pas le premier courrier envoyé qui choque", précise Philippe Samek, permanent national de la CNE Finances. "Hier encore, le mail qui a été adressé aux clients a de quoi choquer. La banque veut se montrer rassurante, en précisant que rien ne changera pour le client et qu’il n’a donc aucune raison de s’en faire ou de changer de banque. C’est insultant pour les membres du personnel car ils sont aussi pour la plupart clients et ont donc reçu ce même message. Et on ne peut pas dire que leur vie ne va pas changer."

Philippe Samek y voit aussi une forme de menace vis-à-vis du personnel. "Il est clair que la manœuvre est destinée à faire peur. De la sorte, on dit à l’employé qu’il a plutôt intérêt à se tenir à carreau car le licenciement pèse sur ses épaules. Et le moindre faux pas pourrait lui coûter son poste."

Et de rappeler que ces manœuvres, "qui ne datent pas d’hier", ne sont pas de nature à apaiser le climat à la veille des négociations. "Vendredi, il y a un appel à la grève. C’est très facile pour l’entreprise de le casser en préconisant le télétravail ou la menace, mais il ne faut pas oublier qu’on se retrouve autour de la table lundi. Et, pour tout le monde, il vaudrait mieux ramener la sérénité pour entamer la discussion."