Les syndicats de la banque ING ont déposé, mercredi en front commun, un préavis d'actions et de grève, indiquent les syndicats chrétien et libéral. Le préavis couvrira aussi les actions spontanées du personnel. "Après deux jours complets de conseil d'entreprise, peu d'informations utiles ont été communiquées aux représentants du personnel", regrette le syndicat chrétien CNE.

"Sur les aspects sociaux et sur les impacts sur le personnel, nous n'avons reçu que des informations confuses, et même parfois contradictoires avec la première annonce du lundi 3 octobre. Les seules choses qui se confirment sont le nombre astronomique (3.158) d'emplois que la banque veut supprimer dans tous ses services, ainsi qu'un véritable sabrage dans le réseau d'agences statutaires", poursuit la CNE.

"Après deux jours de conseils d'entreprise, nous restons sur notre faim. La banque nous a juste expliqué où elle voulait aller mais nous n'avons pas reçu d'information sur l'impact de la réorganisation sur les différents services et sur les régions touchées. Nous en savons très peu sur les licenciements et sur les profils qui seront impactés", explique Maarten Dedeyne, du syndicat libéral CGSLB. Les syndicats redoutent des actions spontanées en raison du manque d'information.

Le préavis est déposé pour une durée indéterminée.

Le nombre d'emplois menacés sur le territoire belge se porte à 3.158, dans tous les secteurs. Le nombre de licenciements secs, lui, atteindrait un maximum de 1.700. La direction avait également confirmé la fusion entre ING Belgique et sa filiale Record Bank, ainsi que la disparition de 600 agences sur les 1.250 que compte actuellement le réseau (ING et Record).


Première rencontre en vue de la création d'une cellule de crise pour l'emploi

Une première concertation s'est tenue mercredi entre les ministres Didier Gosuin, Eliane Tillieux et l'ensemble des acteurs flamands, wallons et de la communauté germanophone de l'emploi et de la formation professionnelle en vue de créer une cellule de crise interrégionale, dans le contexte de l'annonce d'un licenciement collectif chez ING, et de craintes similaires concernant notamment AXA, a indiqué mercredi le ministre bruxellois de l'Emploi Didier Gosuin. A la suite de l'annonce par ING de son intention de procéder à un licenciement collectif, le ministre bruxellois de l'économie et de l'emploi avait invité les autres Régions en vue de constituer une cellule de crise interrégionale. En exécution de l'Accord de coopération de 2005 concernant la mobilité interrégionale des chercheurs d'emploi, celle-ci aura pour mission d'établir un plan d'urgence social permettant le reclassement des travailleurs victimes de licenciement collectif.

Une première concertation s'est tenue mercredi, dans ce contexte.

Selon Didier Gosuin, cette collaboration interrégionale a été anticipée tenant compte de l'ampleur potentielle des licenciements collectifs au sein de l'entreprise ING mais également d'AXA, sans attendre la phase de notification des licenciements collectifs pour agir.

Lors de cette réunion, les offices régionaux ont été mandatés pour l'établissement d'un plan d'urgence social qui devra prévoir toutes les actions à mener pour soutenir et aider les travailleurs.

La Cellule de crise pilotée par Actiris se réunira autour de l'élaboration du plan d'urgence social et sera prête à entrer en action au moment de la notification des licenciements collectifs.

Le ministre Gosuin a rappelé son engagement - au travers de la mise en œuvre de la Réforme bruxelloise des aides à l'emploi (Mesure « Activa Restructuration ») - à faciliter la transition directe à l'emploi pour les travailleurs victimes de licenciements collectifs. Plus largement, il s'agira de renforcer le cadre légal de l'outplacement en Région bruxelloise, a-t-il précisé, soulignant en outre l'opportunité d'intégrer la validation des compétences à ce processus.