La semaine écoulée a été riche en émotions pour le personnel et les syndicats d’ING. Ils ont appris que, dans les cinq années à venir, la banque va supprimer 3.500 postes de travail et la moitié de ses agences. Un choc pour les employés qui ont observé un jour de grève vendredi et manifesté à Bruxelles devant le siège social d’ING.

Ce lundi, direction et syndicats se retrouvent pour le premier conseil d’entreprise de la phase I de la procédure Renault. Une rencontre abordée avec "impatience, sérénité et détermination" par les trois organisations syndicales (CGSLB, CNE, Setca). Avec Maarten Dedeyne (CGSLB), Jean-Michel Cappoen (Setca) et Philippe Samek (CNE), le point sur les relations entre direction d’ING et les partenaires sociaux, l’audition du CEO à la Chambre et sur les propositions d’aide du monde politique.

1. Le management menace et provoque des tensions. Des employés cadrés dans leur communication privée sur les réseaux sociaux, menacés par certains directeurs d’agence de figurer sur la liste des licenciés s’ils faisaient grève vendredi, ING n’a pas fait dans la dentelle en matière de communication au personnel. Et selon Maarten Dedeyne, les syndicats ont aussi été ciblés. "En front commun, nous avions refusé lundi la proposition de la direction d’organiser les trois premiers conseils d’entreprise de la procédure Renault, mardi, mercredi et jeudi. Mardi, elle a envoyé un mail au personnel affirmant faussement que les syndicats ne s’étaient pas présentés au conseil d’entreprise. On a eu beaucoup de retours négatifs de nos affiliés. Ça ne va pas !"

2. Un CEO bombardé de critiques. L’audition, vendredi à la Chambre, de Rik Vandenberghe, le CEO d’ING Belgique, n’a pas été une promenade de santé. Le patron de la banque, venu expliquer les raisons de la restructuration, a essuyé un feu nourri de critiques de la part des parlementaires. Pour Jean-Michel Cappoen, "il manque d’empathie. Il apparaît de plus en plus clairement que Rik Vandenberghe est l’homme de main du groupe et qu’il exécute ce qu’on lui dit de faire. Je pense qu’il n’a pas du tout défendu ce dossier mais répercuté le souhait de la maison-mère" .

3. Des propositions "in ress antes" ou "comiques". Les syndicats restent prudents quant aux pistes d’aide lancées par le monde politique. "Paul Magnette (le ministre-Président wallon, NdlR) nous propose des experts pour nous aider dans la procédure Renault. Mais les experts, c’est nous ! C’est comique" , ironise Philippe Samek. Le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, a fait part de quelques propositions, jugées "intéressantes, même s’il ne s’agit que d’intentions" par Philippe Samek. "Il y a la création chez Febelfin (Fédération belge du secteur financier, NdlR) d’un fonds pour la réorientation professionnelle des travailleurs du secteur financier. Le ministre évoque aussi une extension du champ de la loi Renault, avec une obligation d’aboutir à un plan social et la désignation d’un facilitateur social spécifique. Il parle aussi d’étendre le plan social aux intérimaires; il veut un point d’attention particulier sur le sort des gérants d’agences indépendants et il a jugé possible de réduire les 1 700 licenciements secs car il y a une marge prévue par ING.