Inquiétude chez Brussels Airlines

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Philippe Lawson

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Inquiétude chez Brussels Airlines
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L'arrivée d'EasyJet à l'aéroport national de Bruxelles passera de rumeur à réalité ce mardi. Des dirigeants de la compagnie britannique low cost dévoileront ses ambitions au départ de Brussels Airport (ex-Biac). Mais on sait déjà qu'elle inaugurera, dès le 29 juin, un vol quotidien (deux dès début septembre) vers Genève. Une bonne nouvelle pour Brussels Airport qui entend développer davantage les vols à bas tarifs, mais elle ne fait pas l'affaire de Brussels Airlines (BA).

La compagnie aérienne, née du rapprochement entre SN Brussels Airlines et la britannique Virgin Express, est d'autant plus inquiète que la première liaison d'EasyJet vise l'une de ses rares destinations rentables en Europe. Elle devra consentir des efforts en matière de tarifs pour soutenir la concurrence de la britannique qui va forcément casser les prix.

La menace des low cost ira de façon exponentielle, car d'autres compagnies à bas tarifs envisagent d'opérer au départ de Bruxelles. De plus, les dirigeants de Brussels Airport, gestionnaire du site, ont affiché leurs intentions d'attirer des low cost sur son tarmac. "Le trafic passagers des low cost est en pleine croissance en Europe, mais c'est un segment dans lequel nous sommes sous-représentés. Nous voulons donc développer ce trafic aux côtés des vols long courrier", dit Paul De Backer, porte-parole de Brussels Airport. Il reconnaît que leur stratégie "low cost" inquiète les dirigeants de la compagnie belge, mais il soutient que "les relations avec Brussels Airlines sont bonnes".

Le projet de l'aéroport de réserver un terminal aux low cost interpelle tant des observateurs que des cadres de Brussels Airlines. "Brussels Airport veut des passagers et ne voit que les rentrées financières que la hausse du trafic peut lui apporter. Mais le gestionnaire semble ignorer l'impact que sa stratégie va avoir sur la compagnie belge dans laquelle elle a par ailleurs des intérêts", note un cadre.

L'ex-Biac a 8 pc de BA

L'ex-Biac, qui détenait environ 10 pc de SN Brussels Airlines, est aujourd'hui un important actionnaire (environ 7-8 pc) du nouvel ensemble belge. Donc, en augmentant - à son corps défendant ? - la pression sur sa filiale, Brussels Airport ne risque-t-il pas de fragiliser Brussels Airlines dont la structure de coûts est beaucoup plus importante que celle des low cost traditionnelles ? "Brussels Airlines participera aussi à l'accroissement du trafic passagers low cost puisqu'elle propose une offre light sur plusieurs villes européennes", dit M. De Backer.

En attendant, Brussels Airlines est actuellement aux prises avec ses maladies de jeunesse. Certains observateurs (tout comme des cadres) se demandent si les deux produits (b.light pour l'offre low cost, b.flex pour des passagers disposer à payer plus cher pour davantage de confort à bord et de flexibilité) séduiront assez de voyageurs. De plus, les négociations sociales ne se déroulent pas très bien. Les dirigeants veulent imposer au personnel un temps d'arrêt d'une demi-heure entre deux rotations d'un avion, alors que les travailleurs veulent maintenir 40 minutes. La compagnie belge bute toujours sur l'intégration et harmonisation de l'ancienneté et la "seniorité" des pilotes venant de Virgin Express, de l'ex-DAT ou encore de SN Brussels Airlines.

Elle n'a toujours pas désigné de directeur informatique. Et pour couronner le tout, elle enregistre des démissions d'opérationnels depuis la nomination d'Erik Follet (directeur réseau) et d'Ursula Silling (Executive vice president Sales & Marketing).

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